À la fin, il faut laisser gagner l'ennemi

qui avait pris votre place, qui avait noyé

votre regard, qui semblait si familier.

Tous les chiffres ont fait un zéro pur.

À la fin, il faut laisser gagner la lumière :

le feu blanc du réel, la flamme atroce

de la destruction, le rouge brasier solaire.

Sur l'ardoise du néant, il y a un visage.

C'est le visage de tous nos rêves.

C'est l'héritage amer de l'absence.

C'est la souffrance sans voix de l'enfance.

Sur l'ardoise du néant, il y un visage.

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ALAIN SUIED

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