Merci à Yasmina pour m'avoir dirigée sur ce texte

 

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Les fissures du pilier ruineux laissent s’échapper le murmure du soir. II s’évapore en tournoyant doucement dans l’herbe écumeuse. De nouveau et plus loin, nous devons nous efforcer d’entendre ce qui sourd de l'inconnu. Attentifs à tous les sons, ceux qui grondent comme ceux qui apaisent, et même aux gémissements qui s’appuient sur l’ombre souillée et coléreuse du malheur. C’est en effet la période du mépris, de l’arrogance et du soupçon. L’heure peureuse nous avait d’abord implorés de rester à l’abri de notre propre désarroi. Pourtant la subtilité lumineuse de l’automne révèle avec nonchalance que les eaux du fleuve provenant de notre être primitif pétillent de temps à autre des résonances annonçant le début d’un hymne tout à fait fruste. Ces sortes d’inflexions de plus en plus marquées finiront par rouler avec le flux ininterrompu de la vie morne. Puis, certaines fois, c’est une organisation certes rythmique mais qui sort seulement du chaos. Et quant à nous, avides d’entendre les forts accents de puissance, exaspérés, tremblants, notre exaltation se change en extase lorsque, nous détachant à jamais des quatre éléments, nous esquivons le calme étouffant du désespoir afin de retrouver le chant parfait, à peine perceptible mais bouleversant, qui tout à coup ruisselle des étoiles


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ELIE CHARLES FLAMAND

 

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bona mangangu 2

Oeuvre Bona Mangangu