Il me touche qu’on ne te dise ni herbe ni arbre,

végétal si vivant, métèque partout à jamais

dont comme les bourgeons de rosier les pousses sont tendres.

Est-ce une faute que vivre sur de tels entre-deux ?

Est-il condamnable d’échapper à toutes les normes,

de s’espérer libre de se sentir chez soi partout

et de ne s’enfermer nulle part dans le vaste monde,

avec l’itinérance pour unique identité ?

Mal toléré de ceux qui redoutent ta différence,

intégré à la seule catégorie du Vivant

sans aucun support autre que celui de la nature

qui jamais ne te chasse, de nulle part ne t’exclut.

Ce n’est pas juste aux oiseaux mais à l’homme que tu donnes

la vigueur de ta présence pour qui sait la capter,

la confiance en l’avenir, l’amour des saisons futures,

la non caducité de tes feuilles, leur sombre éclat.

Tu t’accommodes de nous qui demeurons incapables

pour beaucoup, d’ouverture devant tous nos dissemblants,

sûrs que nous sommes de l’excellence de nos critères

visant l’uniformité, c’est-à-dire la non vie.

 

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HENRI-LOUIS PALLEN

http://lierreentravail.com/

 

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bernard2

Photographie Bernard Liegeois