J’ai fait des provisions de beau à m’en sourire l’âme, dans l’hypothèse folle où l’hiver glacerait, effleuré de tristesse. Au fond de mon panier courbé, tout en osier, des regards, des odeurs, des touchers de couleurs, des roudoudous d’automne, en forêt, sur la mer. Des marches à devenir écureuil ou châtaigne, à voir tous les soleils s’éblouir à l’envers dans l’insolence douce de l’émerveillement. Des ourlets de rosée sur des feuilles en cornet, un vieux puits tout au bout d’une maison en ruines, une main qui se tend au bord d’ombres ondulées.
Et si venait la bise, nul ne saurait jamais tout ce qui,en dedans, m’aura donc fait si doux que je m’en chaufferai encore à en défier, courbé, tout le temps des saisons. S'il n'était que d'attendre.
Et s'il faisait plus froid, je rêverais plus fort.
.
.
.
.
.
.
.
© JEAN DIHARSCE
.
.
.
.
.

C

Oeuvre C. Reineke