samedi 22 décembre 2018

TESTAMENT

À ma mort veuillez laisser dehors mes jambes. Ce sont elles qui m'ont lancé à la poursuite de traces ardentes et des traces glaciales sur la neige gelée. Elles m'ont porté, elles ont défailli et je suis tombé. Par elles j'ai ressenti la terre, les pierres, les ronces, le gravats et le béton, le verre et la rouille. Mes jambes ont aimé, elles ont marché sur la trace d'Ève. Ce sont elles qui ont voulu que je sois ici et non là où je devais peut-être me trouver. Jamais mes jambes n'ont eu de regrets, mes jambes n'ont... [Lire la suite]

mardi 2 octobre 2018

LA RETRAITE SENTIMENTALE...Extrait

"Une tombe, ce n’est rien qu’un coffre vide. Celui que j’aime tient tout entier dans mon souvenir, dans un mouchoir encore parfumé que je déplie, dans une intonation que je me rappelle soudain et que j’écoute un long instant, la tête penchée… Il est dans un court billet tendre dont l’écriture pâlira, dans un livre usé que flattèrent ses yeux, et sa forme est assise à jamais, pour moi, mais pour moi seule – sur ce banc d’où il regardait, pensif, bleuir dans le crépuscule la Montagne aux Cailles… "     .     ... [Lire la suite]
Posté par emmila à 11:04 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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mercredi 11 octobre 2017

POESIE COMMUNE...Extrait

  Regrettant toujours  CE sera peut-être comme dans cette vie: Je m'écrierai: c'est ici que je veux demeurer, Comme je m'exclamais autrefois devant un beau domaine, C'est ici que je veux vivre, je dirai: dressez une tombe ici.   Mais la mort ne me laissera pas plus de répit que la vie. Elle m'éloignera de tout ce qui me sera cher, Les forêts, les mers avec leurs chevelures, Resteront en arrière sur un rivage immatériel.   Parfois je reconnaîtrai le jardin calme Que j'ai vu de la fenêtre en cette... [Lire la suite]
lundi 2 octobre 2017

STÈLE D’UN MARCHEUR INCONNU

Pensif, sans rien révéler de ses origines, de quel lieu ses parents, de quelle province son autel, malade et pareil à un dieu dans l’incertain, dans l’achèvement muet, cet homme est parvenu ici et ici il se repose, en un point ignoré situé entre l’adieu aux siens et la nuit. Ici il se couche, silencieux et ultime, dans le temps épuisé de son voyage.     .     ESPERANZA LÓPEZ PARADA traduit de l’espagnol par Claude de Frayssinet Extrait de Los tres dias in Poésie espagnole -1945-1990, ... [Lire la suite]