Nous sommes tout cela. Nous sommes ce qui s'efface. Nous sommes les évadés d'un autre songe.

Nous sommes ces coeurs parfaits dessinés dans le sable, légués à la barbarie des vagues.

L'ombre nous honore, parfois. Le silence nous emporte, toujours.

 

Et toute sa vie on se demande, comment habiter ce temps. Courir ou marcher ? Fuir ou rester ?

Croire ou apprendre à finir ?

Choisir d'être libre ou décider d'être sauf ?

 

On se raccroche aux heures, on se raccroche aux visages, le regard de l'autre est notre douce pénitence.

Tu me parcours l'âme. Je traduis ta peau.

Nous forgeons peu à peu tout ce qui nous meut, l'âpre et tendre amour.

 

Nous sommes tout cela. Nous sommes ce qui s'efface. Nous sommes les oubliés de nos propres traces.

Et pourtant, nous vivons.

Quelque chose de mélodieux nous accompagne, chaque soir, vers le mystère du lendemain.

Car chaque jour, de plus belle : la lumière qui flirte avec le vent, la mer qui danse dans le sourire des femmes, les mots qui renaissent de leur chute,

le ciel dont la blessure est notre dernière bonté.

 

 

.

 

 

 

SONYA  SANDOZ

 

 

.

 

 

 

dyn003_original_420_290_pjpeg_2601445_b1001eac3fda73696e495b31739bfe34

Photographie Sylvain  Lagarde