Si jamais un de ces matins
ton âme est traversée par une aube triste
ne crains rien
Tu étireras tes pas lents
comme la plainte de l'enfance

C'est toujours le tourment de l'ombre du palmier
qui pousse dans l'argile rouge de l'Euphrate
Il donne aux troupeaux d'hommes
un mal de vivre
qui accroît leur attente

Ici les hommes n'ont plus le souvenir du parfum de la lavande
ni celui de la cire enracinée dans la flamme

Alors extirpe la prison de ta tête
écorche ton corps à partir du miroir
parfume ton regard
et de la frange de lumière qui reste
embrase ton exil
et répète après moi :
Passionnément
foudroyer le silence
la lâcheté

Il faudra encore plus de paroles et d'actes tranchants pour
défier les assassins
et dérober leur haine à nos rêves

Bagdad est de nulle part
elle est d'ici
commence avec moi
et ira vers l'autre
avec lequel elle restera

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SALAH AL HAMDANI

in Le balayeur du désert,

© Bruno Doucey

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HASSAN_MASSOUDY

Oeuvre Hassan Massoudy