une île où les jours se perdent
mouettes aux lèvres

la solitude y est privée
le vent traverse la lande sans s'arrêter

chaque pas réveille une menthe
une couleuvre
un nuage pris dans une chevelure d'araignée

les genévriers s'accrochent
à la barbe des cromlechs

soudain,
un chevreuil à queue blanche
me fixe de son regard d'orge
vérifie si je ne suis pas un chasseur mental
puis disparaît
sans toucher le silence

j'habite une école d'hirondelles
la bordure du toit est loquace
le ciel est la cour de récréation

Les gens ont quitté le pays
ils ont emporté rêves et sentiers
la mer est en friche.

 

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BERNARD NEGRE

http://kreivi.pagesperso-orange.fr/poesie/pgpoesie.htm

 

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