Vie fantôme
Pauvre désert lâche
de tous les feux
Fournée grise
de terre mendiante
Je sortirai
Droit comme le vide
Je partirai sans hasard
Je ne laisserai plus le hasard
faire sa mort tranquille
et ses jeux de mort paisible
Je ne verrai plus ton départ
Ni les façades de mes retours mortels
Ni la fenêtre où je hurlais
dans les tableaux
et la tête basse
des plus grands ciels
Ni tes yeux plus lointains
que des adieux
Je sortirai
Et je ne bougerai pas
Je n'éviterai pas le dernier pieu
La flèche errante
Et le combat sera poussière
Ton sourire en médaillon
qui tintait au plus dur
des heures de fer
Ton sourire mon courage
Tes yeux mon sang à la charge
Nos baisers roussis
sous les arbres
Ton œil éteint sur mon nom
Tout rendra sa fresque de brasier
Tout me reviendra
du coup au cœur
Et les éclats
de ton portrait peint
à la diable par l'été entier
reviendront trempés
au plus vieux des soleils
Tu marcheras comme tu voles
pieds nus dans cette gerbe coupée
où l'immense jardin
de mon sang pour toi
tourne à la clairière de pendu
Et tes yeux en retard
couperont la corde.

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NICOLAS ROZIER

Novembre 2014

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NICOLAS ROZIER,

Oeuvre Nicolas Rozier