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EMMILA GITANA
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27 juin 2015

HOMME DE TOUS LES CONTINENTS

Nous avons dansé, dansé,

Secoué nos misères pour faire briller nos rêves,

frappé le sol de toutes nos forces

pour en faire jaillir le flot de chansons.

Le vent, en nos mains repartaient en poussière.

 

          Nos joies en feu d’artifice

          ont illuminés notre ciel.

          Et les pieds endoloris, soufflant au repos

          S’interrogent sur l’étape de demain.

Nous avons dansé, dansé, dansé « jusqu’à fatigué ».

 

Ils étaient venus aussi les morts

          nos morts

pour donner l’éclat à la fête ;

Ils dansaient au rythme des tam-tams

Tous ceux qui faisaient de leur droit de vivre

un bouclier d’airain

des chansons dans la tête

et des rêves dans les yeux.

 

Ils étaient venus

la peau boursouflée de balles

Et ils piétinaient le sol pour briser des chaînes

Et ils battaient des mains pour chasser des fantômes.

Nous avons dansé, dansé, dansé « jusqu’à fatigué ».

 

J’ai les yeux plein d’images,

          les oreilles pleines de chansons

          les mains pleines de rêves.

 

J’en ai fait un bouquet lumineux

Que je dresserai un jour au long du sentier

en borne militaire

 

Ce sont les images, les chansons et les rêves

de tous ceux qui moururent de faim

de ceux qui hurlèrent d’épouvante dans les incendies

allumés par les foudres de guerre,

de ceux qui pensent que les enseignes

ne peuvent plus être de dorure

lorsque les hommes se vêtent de misère.

 .


BERNARD DADIE

.

 

small2

 

 

 

 

Commentaires
M
Le poème commence par des chants, des danses et l'on imagine une fête joyeuse. Sur la fin, le ton se dramatise et des sujets plus graves sont évoqués. Cela se termine par une impression de révolte. J'ai beaucoup aimé ce poème et sa progression.
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EMMILA GITANA
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