La clarté toujours nous parvient du ciel ;
c’est un don : non éparse entre les choses
mais très au-dessus, elle les occupe
et telle est sa tâche et telle est sa vie.
Ainsi se lève le jour ; ainsi la nuit
ferme la vaste chambre de ses ombres.
C’est là un don. Et qui change les êtres
et les rend moins créés ? Quelle haute voûte
les contient en son amour ? La voilà,
il est encore tôt, elle nous entoure
tout comme toi en tes vols, elle plane,
elle s’éloigne et, encore lointaine,
il n’est rien de plus clair que son élan !
Ô clarté assoiffée d’une forme,
d’une matière afin de l’éblouir
et de brûler elle-même en son œuvre.
Comme moi, comme tout ce qui attend.
Si tu as emporté toute lumière,
que pourrai-je encore attendre de l’aube ?
Et, cependant – c’est là un don –, ma bouche
attend, mon âme attend, et tu m’attends,
ivre poursuite et ma seule clarté,
mortelle comme l’étreinte des faux,
mais étreinte jusqu’au bout sans pitié.

 

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CLAUDIO RODRIGUEZ

Traduit par Laurence Breysse-Chanet

 

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Oeuvre Werner Hornung