Dieu sait que tu es une terre battue, exploitée, casernée !

Tu es la Terre et tu peux bien te permettre d'en rire.

 

Un buisson toujours prêt à exploser au regard sur une

parcelle que l'on dit pauvre, faute de savoir ce qu'est la

profonde richesse, l'admirable ressource, tu es là,

dans ce clin d'oeil  - et le troupeau se sera dissipé -

tu es assurée de fermer la marche.

 

Tu es là, cloîtrée dans ta rage innocente et les replis de

ta chair. Tu es comptable du terrible et ils ne le savent

pas ceux qui, un instant, se couchent sur toi sans rêver.

 

Mais qu'importe ! Ta mémoire est si profonde et

ta tendresse si méticuleuse !

 

A peine une ride et c'est là que le fouet des siècles

a laissé sa trace.

 

Tu peux rire de cet ordre. C'est le tien.

 

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PIERRE-ALBERT JOURDAN

" Le bonjour et l'adieu "

 

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TERRE