Soupçon d’âme dans l’argile
Alors il parla et il y eut la mer
Et je vis et j’admirai
Et dans le sein de la mer il sema des petits mondes à mon image et à ma ressemblance :
Chevaux de pierre à la crinière dressée
et amphores sereines
et dos oblique des dauphins
Ios Sikinos Sérifos Milos
« A chaque mot son hirondelle
pour t’apporter le printemps au cœur de l’été » dit-il
et des oliviers en grand nombre
afin qu’ils tamisent entre leurs doigts la lumière
et que légère sur ton sommeil elle s’étende
et aussi des cigales en grand nombre
afin que tu oublies leur présence
comme tu oublies le battement du sang à ton poignet
mais pour l’eau juste ce qui est nécessaire
afin qu’elle te soit comme une Déesse et que tu saches ce que signifie sa parole
et l’arbre aussi qu’il soit unique
afin que tu en fasses ton ami
et que tu connaisses son nom précieux
et peu de terre sous tes pieds
afin que tu n’aies pas à chercher où étendre tes racines
mais que toujours tu ailles au plus profond
et vaste au-dessus de toi le ciel
afin que solitaire tu lises l’immensité
CELUI-CI
le monde
l’infiniment petit
l’infiniment grand !
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ODYSSEAS ELYTIS
Traduit du grec par Jacques Phytilis
Extrait de "To axion esti, in Les analogie de lumière ", Editions Sud, 1983
 
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