Anghjula....
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Tu marches dans les nervures songeuses du millepertuis,
dans les vaisseaux ramifiés de ton cerveau.
Les cellules meurent ou prolifèrent, tu ne sais rien
du grand chantier.
La forêt n’est pas vierge, la page n’est pas blanche
et les chemins n’existent pas.
Tu dois marcher longtemps dans le blanc éblouissant
du trop-plein de signes, dans le noir incertain
des ombres mêlées.
Les morts en attente, alignés comme des troncs,
dressent leurs branches défeuillées.
Tu dois marcher sans t’arrêter.
Sans t’encombrer de mots.
Que rien ne te retienne, si tu veux franchir la passe,
si tu espères toucher du doigt l’or de l’énigme.
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FRANCOISE ASCAL,
Editions  Æncrages & Co, 2012.
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