« Très jeune... non, je ne suis plus très jeune. J'ai gardé ma taille, ma liberté de mouvements, j'ai toujours mon vêtement de chair étroite qui m'habille sans un pli... j'ai changé tout de même. Je me connais si bien ! Mes cheveux couleur de châtaigne étoffent toujours, nombreux, pressés en boucles rondes, l'angle un peu trop aigu d'un menton qu'on s'accorde à trouver spirituel. La bouche a perdu de sa gaîté et, au-dessous de l'orbite plus voluptueuse mais aussi plus creusée, la joue s'effile, longue, moins veloutée, moins remplie : le jour frisant y indique déjà le sillon - fossette encore, ou ride déjà ? - qu'y modèle patiemment le sourire... Les autres ne savent pas tout cela, je suis seule à noter la désorganisation initiale. Je n’en prends point d’amertume. Un jour, une femme qui m’aura vue dira : "Claudine est fatiguée, aujourd’hui." Quelques mois après, un des amis de Renaud m’aura rencontrée : "J’ai vu Claudine, aujourd’hui ; elle a reçu un sacré coup de vieux, cet été !" Et puis… et puis… »
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COLETTE
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