mardi 3 juillet 2018

DEVANCE TOUT ADIEU

La musique m'avertissait - ce pouvait être Bach ou Mozart, Rachmaninov - que tout était achevé déjà, qu'il y avait un royaume au plus profond de tout homme, infiniment lointain, car alors le lointain et le proche perdaient toute signification, un royaume, une terre que l'on pouvait habiter dans la douleur et dans la joie, au désert comme dans l'amitié, la paix souveraine y régnait. Et peut-être n'avait-il rien à voir ce fragile royaume qui semblait tenir à l'envol d'une fugue, au cri d'un hautbois - ou bien ce pouvait être une surface... [Lire la suite]
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mercredi 4 octobre 2017

EDMOND JABES

" Je crois à la mission de l’écrivain. Il la reçoit du verbe qui porte en lui sa souffrance et son espoir. Il interroge les mots qui l’interrogent, et accompagne les mots qui l’accompagnent. Le chemin qui reste est donc celui des mots, le sable de tous les livres. Le livre n’est pas. La lecture le crée, à travers des mots créés, comme le monde est lecture recommencée du monde par l’homme."   .   EDMOND JABES   . Oeuvre François Knopf
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samedi 21 janvier 2017

DEFENESTRATION DES ANGES ...Extrait

Avant de l'écrire va voir ton poème il t'attend sur le seuil pourquoi es-tu venu il ne le sait pas mets-le en confiance lisez-vous sans hâte face à face ton poème et toi lisez-vous les yeux dans les yeux ainsi font au hasard des puits les gens du désert quand ils se croisent sans avoir marché longtemps qu'il épelle bien chacun de ses mots pour la première lecture car elle est l'inévitable par quoi tu sauras si les yeux de ton poème fuient c'est qu'il est félon égorge-le si au contraire tu sens une grande joie parce que tu as... [Lire la suite]
mardi 10 mai 2016

L'OR DES TIGRES...Extrait

Que d’autres se vantent des pages qu’ils ont écrites ; moi je suis fier de celles que j’ai lues. Je n’aurais pas été un philologue, je n’aurais pas interrogé les déclinaisons, les modes,la laborieuse mutation des lettres, le d qui se durcit en t, l’équivalent du g et du k, mais tout au long de mes années j’ai professé la passion du langage. Mes nuits sont pleines de Virgile ; avoir su et avoir oublié le latin est une possession, parce que l’oubli Est une des formes de la mémoire, son vague souterrain, l’autre face secrète de la... [Lire la suite]
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vendredi 21 décembre 2012

LA BARQUE SILENCIEUSE...Extrait

 Qu’est-ce qu’une autre vie sinon une autre intrigue linguistique ?      Le large existe.        Écrire déchire la compulsion de répétition du passé dans l’âme.      À quoi sert d’écrire ? À ne pas vivre mort.        Le large a inventé une place partout sur cette terre. Ce sont les livres. La lecture est ce qui élargit.     PASCAL QUIGNARD     Oeuvre Odilon Redon
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mercredi 16 juin 2010

FILLES DE LA MEMOIRE...Extrait

Au bord du langage comme on navigue le long des côtes,regardant de loin la déesse des métamorphoseset les sirènes qui se noient dans la prosepuis au cœur du récit comme au cœur des ténèbres,au royaume des morts qui font semblant de vivreen poussant des cris pour réclamer des sacrifices,comptant le jours avec les compagnons d'Ulysseet tournant les pages comme on joue avec les vagues,la lecture aura été mon odyssée..GERARD  MACE.
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mercredi 2 juillet 2008

LA BALEINE AUX YEUX VERTS

Ça commence comme ça, ça commence toujours comme ça, c'est par les livres que ça commence. Les premiers livres, les premières nuits miraculées de lire, les yeux rougis, le cœur battant. La lecture intervient très tard dans la vie: vers les six, sept ans, après la fin de l'éternel. Avant de savoir lire, on écoute les voix qui épellent le monde, la voix des proches, le murmure de l'eau vive sur les sables du sang. La lecture suscite une absence qui ramène vers cette prime enfance, au bord de cet amour qui à jamais manquera de mots. On... [Lire la suite]
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