Je n’étais qu’interrogation dans le vent
Et me suis fait mirage sans écho
Je suis vague et langage.

Un jour je me fondrai dans l’apocalypse et le brouillard
Laissant closes toutes les portes de l’infini en attente du diable.

Le fleuve des instants s’accroupit dans le jardin des fleurs.
Les bouches sont figées.
Elles n’expriment qu’une litanie
De tourment et de désespérance
Et l’immensité du passé nous lie au zéphyr et au zéro.
Rire encore et toujours
Provoquer les gouvernants
Refuser
Sentir la honte
Regretter ses fautes
Se réjouir
Vanter ses œuvres
Mourir
Se révolter
Dire « non » au pouvoir
Dire « oui » à la révolte,
La liste est longue. Elle est vivace et froide.
Ici, ni mort, ni écho. Chacun est artisan de sa liberté.
En deçà le futur s’oxyde.

Même si tu médites longuement
Tu ne fais face qu’au vide.
Il n’est ni beau ni effrayant
Il est le chaos à l’origine de l’univers.
Il peut t’entraîner, sans que tu le saches,
Dans des paradis et des enfers que jamais tu n’as imaginés.
Le mieux est de nous résigner
Pour ne pas être victimes de ces dinosaures
Qui  nous entourent nuit et jour
Ou de ceux qui nous font sursauter le matin
Lorsque nous prenons notre café
Et jetons devant nous les clés rouillées du monde.

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JEAN DAMMOU

 

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tham,

Photographie Thami Benkirane

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