...
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Essentiel paysage.

Taillés à même la lumière, de fulgurants nopals des aurores poussantes, d'inouïs
blanchoiements, d'enracinées stalagmites porteuses de jour

O ardentes lactescences prés hyalins neigeuses glanes

Vers les rivières de néroli docile des haies

incorruptibles mûrissent de mica lointain

leur longue incandescence.

La paupière des brisants se referme - Prélude -

audiblement des youcas tintent

dans une lavande d'arcs-en-ciel tièdes

des huettes picorent des mordorures.
.
Qui

rifle

et rafle

le vacarme, par-delà le cœur brouillé de ce

troisième jour?

Qui se perd et se déchire et se noie dans les ondes rougies du
Siloé ?

Rafale.

Les lumières flanchent.

Les bruits rhizulent

la rhizule

fume

silence.



Le ciel bâille d'absence noire
.
et voici passer
.
vagabondage sans nom
.
vers les sûres nécropoles du couchant
.
les soleils, les pluies, les galaxies
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fondus en fraternel magma
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et la terre, oubliée la morgue des orages,
.
qui dans son roulis ourle des déchirures
.
perdue, patiente, debout
.
durcifiant sauvagement l'invisible falun,
.
s'éteignit
.
 et voici passer
.
vagabondage sans nom
.
vers les sûres nécropoles du couchant
.
les soleils, les pluies, les fondus en fraternel magma
.
et la terre , oubliée la morgue des orages,
.
qui dans son roulis ourle des déchirures
.
perdue, patiente, debout
.
durcifiant sauvagement l’invisible falun,
s’éteignit
.
et la mer fait à la terre un collier de silence,
.
la mer humant la paix sacrificielle
.
où s’enchevêtrent nos râles, immobile avec
.
d’étranges perles et de muets muûrissements
d’abysse,
.
la terre fait à la mer un bombement de silence
.

dans le silence

 

...

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AIME CESAIRE

 

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mer