mardi 14 mars 2017

GIGUE

La guerre, on la dansait dans la cour de l’écoleBardés de cheveux fous et de tabliers noirsOn sentait l’encre amère, un peu la confiture,Une mouche d’été dormait sur nos devoirs.L’institutrice était une jeune bergèreQui avait entendu la voix de Michelet.Ses yeux fleurs préféraient le rêve à la lectureSes seins n’avaient jamais bourgeonné dans des doigts.Parfois, les jeudis clairs, elle allait en voitureAcheter à la ville un coupon de satin.Son fiancé, était – disait-on – mort en guerreC’est un très grand malheur quand on n’en compte... [Lire la suite]
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mardi 14 mars 2017

LUC BERIMONT...Extrait

Mon amour, je t'associe à la senteur de l'herbe que l'on a coupée dans le pré je te marie au chant du rossignol, à la splendeur des boutons d'or et des genêts Mon amour, le corps universel que nous cherchons à travers nous deux, à tâtons est présenté dans l'ombre des ombrelles, dans le bleu têtu des chardons Mon amour, tenons bon la route, et la sente, et l'herbier des nuits Tout nous est donné, sans le doute qui ronge les cours et les dents Je parle d'astres, de survie. Par toi, je suis, de nouveau, né Entends la flamme de... [Lire la suite]
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mercredi 1 juin 2016

JE T'ATTENDS

je t'attends aux grilles des routes aux croisées du vent du sommeil je crie ton nom au fond des soutes des marécages sans oiseaux du fond de ce désert de fonte où je pose un à un mes pas j'attends la source de tes bras de tes cheveux de ton haleine tu es terrible tu m'enchaînes tu me dévastes tu me fais je t'attends comme la forêt inextricable enchevêtrée tissée de renards et de geais mais que le matin fait chanter.   .   LUC BERIMONT   .  
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samedi 28 mai 2016

SOLEIL ALGONQUIN...Extrait

La terre, quand nous la quitterons, ne sera plus qu'une poubelle pourrie, survolée d'engins, de poutrellesOn aura goudronné les mers, délité les plateauxBrûlé le ventJe la vois devant moi, présent ! Passer au passé des planètesNos os y resteront collés, sans commémorations, ni thrènesNous en avions pourtant respect, comme de tout moment vivant —Elle, dont nous faisions partie, cependant qu'Elle était en nous —Aussi gérions-nous nos forêts en hommes nés de leurs clairières (et jamais nous n'exigions plus que correspondant aux... [Lire la suite]
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dimanche 20 novembre 2011

CAHIERS DE L'ECOLE DE ROCHEFORT...Extrait

La guerre, on la dansait dans la cour de l’écoleBardés de cheveux fous et de tabliers noirsOn sentait l’encre amère, un peu la confiture,Une mouche d’été dormait sur nos devoirs.L’institutrice était une jeune bergèreQui avait entendu la voix de Michelet.Ses yeux fleurs préféraient le rêve à la lectureSes seins n’avaient jamais bourgeonné dans des doigts.Parfois, les jeudis clairs, elle allait en voitureAcheter à la ville un coupon de satin.Son fiancé, était – disait-on – mort en guerreC’est un très grand malheur quand on n’en compte... [Lire la suite]
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lundi 14 mars 2011

UN FEU VIVANT...Extrait

Il y a entre "nous" et "toi" ce temps étrange. Par-delà les monts d'étain noir où l'orage a planté ses lances Il y a cette épaisse nuit, gorgée de feuillage, d'humide Et tout un bruissement secret de fers, de peurs, de boucliers. Je voudrais retrouver l'aurore intacte par-dessous ta tête Mais je ne sais si la mésange aura passé le dur minuit Ni si, de son bec entrouvert, tombera le fil du soleil. . LUC BERIMONT . Oeuvre Yahne Le Toumelin  
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lundi 28 juin 2010

LE GRAND VIAGER...Extrait

Rassembler sans répit. Savoir qu’une main cause Au centre de l’esprit, Que nous lui devons l’être Le gîte et le couvert La forme des fenêtres Et les mots de nos vers.   Être une artère étanche Du silence au papier, Capter la lippée franche Du fer et des osiers.   Avancer sans lumière Au long des corridors   Dans la ruelle amère Où s’arme notre mort. Donner son cœur, ses lèvres A qui n’attendait rien.   Déraciner la fièvre Remplacer l’eau du puits Les oranges , la fève Le pain qui n’est pas... [Lire la suite]
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vendredi 29 août 2008

LA HUCHE A PAIN...Extrait

Je fais retraite chez les oiseaux. Cela vaut bien lesmonastères et leur mise en scène sacrée! A midi, le soleil abat ses lanières d'or sur mes épaules. Ai-jebesoin d'une autre discipline pour expier tous lespéchés commis envers les quatre éléments ? Je cherche le rythme oublié. J'apprends l'effort, le puits, la colline et le thym.Le vent et les bêtes sauvages coulent devant ma porte. Le feu de bois exige un très long souffle humain.... Sorti du chant du coq et du petit froid vert de l'aube,je progresse au travers de la chaleur, je... [Lire la suite]