Balancement des enfances au milieu des orties

Jusqu’à faire trembler le ciel sur sa tige

C’était la menthe qui courait le long de nos genoux

Le préau de notre vie étendue à sécher sur les fils à linge

Et ces dimanches à la lumière répétitive

Sans aucune promesse d’invisible

Aujourd’hui où tout m’échappe

Je n’ai pas trahi ces matins aux herbes folles

Et l’odeur tenace de l’inachevé

Sous les fougères passaient les indifférences

Dans la forêt la tension de la vie qui grimpait aux arbres

Tendresse du lait sur la table noire

Et le craquement contre les dents des groseilles volées contre le quotidien

C’était le temps des halos de lune

Et de nos amours à feu doux

Nous étions devenus buée

et farine sous les mains

fruit et bouche à la fois

Et j’échangeais les dieux mortels contre une figue

Et l’araignée faisait le point du jour

 

.

 

GIL PRESSNITZER

 

.

 

CLAUDE CARVIN,

Oeuvre Claude Carvin