« L’âme est plus subtile que l’air : la main de la mort ne peut se refermer sur elle. »
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Mon cher Bobin des Bois,
le plus grand des poètes contemporains, tu viens de mourir.
« Je me demande où tu es. Le cimetière, la terre, le cercueil cela ne me suffit pas comme réponse. »
Double peine : je perds un humain que j’aimais, et un auteur que j’admirais, dont j’attendais chaque courrier et chaque livre, avec un cœur d’amoureux.
« La mort tombe dans la vie comme une pierre dans un étang : d’abord éclaboussures, affolements dans les buissons, battements d’ailes et fuites en tous sens. Ensuite grands cercles sur l’eau, de plus en plus larges. Enfin le calme à nouveau, mais pas du tout le même silence qu’auparavant, un silence, comment dire : assourdissant. »
Désormais, nous ne pourrons plus t’imaginer en train d’écrire, quelque part, les lignes qui nous mettaient en joie. Il ne nous reste qu’à te relire : nous n’aurons plus de nouveaux trésors, mais ceux que tu nous laisses sont nombreux et merveilleux, et nous consolent déjà.
« Mon Dieu, pourquoi avez-vous inventé la mort, pourquoi avez-vous laissé venir une telle chose, elle est si douce la vie sur terre, il faudra que votre paradis soit éblouissant pour que le manque de cette vie terrestre ne s’y fasse pas sentir, il faudra que vous ayez du génie pour me donner une joie aussi pure que celle de l’air frais d’une matinée d’avril, oui il faudra que vous ayez beaucoup de talent donc d’amour pour que, dans votre paradis, ne vienne aucune nostalgie de cette vie-là, blessée, petite, muette. »
Je suis sûr que tu vas quand même te plaire au paradis…
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CHRISTOPHE ANDRE
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Christian Bobin

 

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 Frédéric Lenoir 

 

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