dimanche 29 octobre 2017

LA DEMANDE

 Il est des heures où je demande :   Pourquoi la fragilité des choses la frilosité des êtres   Pourquoi éclore un corps jusque au bout d’un baiser     Pourquoi la transparence l’obscurité de certains langages       La demande a besoin de liberté Non pas d’oser, mais d’une liberté née du profond silence     Comme au bord d’un lac : un lieu où dire n’existe plus que dans le frémissement d’un reflet sur l’eau de nuit Seule la demande l’entend     ... [Lire la suite]

dimanche 29 octobre 2017

OCTOBRE

Voici l’odeur totale du matin. Le jasmin endormi. La sueur du soleil. J’avale l’écorce du monde. La terrestre présence. Entre mes vertèbres descend le venin de l’hiver. Je touche le temps pour accéder à sa légende. Je suis le chemin d’herbe coupée, les pétales mourants des roses. C’est l’automne dans le tambour des labours. Il y a comme un souffle fatigué dans les branches, une libellule attardée, des coups de hache près d’un lointain bûcher. Là-bas on brûle des feuilles mortes pour l’appétit des chaumes. L’écureuil disparaît dans la... [Lire la suite]
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vendredi 27 octobre 2017

RECHERCHE

N’entre que dans la cathédrale des hommes qui doutent. C’est largement suffisant pour s’y perdre et trouver le sens d’une route. Tu trouveras en eux la flamme des silex, la caresse des corps en larmes, l’édifice indispensable des vieilles villes. Les ports n’existent que parce qu’il y a des océans. Là-haut n’est qu’une catastrophe de mensonges et d’à-peu-près. Préfère-lui la complexité des étoiles, le vertige des trous noirs, l’opiniâtreté des chercheurs de langues et la douceur nommée des longues soirées d’automne. Mais ne crache... [Lire la suite]
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jeudi 26 octobre 2017

LE TEMPS DE...

Le temps de... tant de rivières de rides de rifts Le temps de... tant de brisures de cicatrices de cris étouffés Le temps de... tant de battements de coeur de pas d'empreintes d'effacements Le temps de... tant de lettres serpentantes de mots errants de ratures à relire Le temps de... tant de souvenirs d'oublis en mémoire de silence sur le bout de la langue Le temps de... Tant de ... manque.   .   ANNE MARGUERITE MILLELIRI   .  
jeudi 26 octobre 2017

ALEXO XENIDIS...Extrait

Il faudra que je perde le Nord Pour voir enfin l’Orient où le soleil naît Entre les cuisses ouvertes de l’horizon Salies de sang vie lumineuse Les noires frondaisons s’éclairent Je regarde L’enfantement d’une journée Personne ne compte ses doigts Ni ne l’enveloppe d’un drap chaud Ni ne lave sa bouche des péchés de la veille Comme nous naissons Chaque matin Aux vies nouvelles, abandonnés   .   ALEXO XENIDIS     .   Photographie Bernard Liégeois          
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jeudi 26 octobre 2017

JACQUES ANCET

La fatigue a des couleurs Comme les saisons. Elle a Ses douceurs et ses éclats, Ses silences. Mais surtout Ce qu’elle permet de voir : D’une chose à son image Imperceptible, une sorte De distance sans distance. L’incertitude du monde. Comme un vacillement bref.   .     JACQUES ANCET     .
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mardi 24 octobre 2017

LE CHANT DES CIGALES...Extrait

On dit donc que les cigales étaient des hommes avant la naissance des Muses. Quand le chant naquit avec les Muses, plusieurs des hommes de ce temps furent si transportés de plaisir que la passion de chanter leur fit oublier le boire et le manger, et qu'ils moururent sans même s'en apercevoir. C'est d'eux que naquit ensuite la race des cigales, qui a reçu des Muses le privilège de n'avoir aucun besoin de nourriture. Du moment qu'elles viennent au monde, elles chantent sans boire ni manger jusqu'au terme de leur existence, puis elles... [Lire la suite]
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lundi 23 octobre 2017

IL Y A DES JOURS COMME CA

... On attend le frissonà nos pulsations agrippéou terré plus loinquand la paroleéchappe.On attend le soufflele balbutiementla note perduela voix vagabondant Il y a des jourscomme çaoù rien ne vient.On attend le poèmele chant puren équilibreentre deux mondes.On attend le silencel’écriture du silenceou son illusion.On aimerait être prochede l'immense.La rage au cœuron attend l’espace étroit.Un rythme alterneforce à s’immobiliserà dériverancrage ratéentre les racines et la terregriffures au-dedansharpon de colèrerouge tapageur... [Lire la suite]
lundi 23 octobre 2017

ANALOGIE

Elle se surprit à rêvasser à la fenêtre. Le paysage d’un jour d’octobre la portait à la mélancolie. Elle venait d’éplucher des pommes. Ses mains avaient encore un goût sucré, elle les lécha comme un enfant. L’odeur de ces pommes était évocatrice.Dans le jardin de ses grands-parents, un très vieux pommier refleurissait chaque année. Il offrait une maigre récolte de fruits acides, immangeables, mais jamais il ne fut question de l’abattre. L’arbre avait survécu à deux guerres, à des dizaines d’orages, à des meutes de gosses chapardeurs... [Lire la suite]
Posté par emmila à 15:12 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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