jeudi 15 juin 2017

HORS-SAISON ( A PARAÎTRE )...Extrait

Ici se décourage, ou quelque chose comme ça. L'inconséquence de l'espèce, ses papiers gras, ses souillures, ses mensonges, ses illusions, ses cacophonies, ses hue et à dia, épuisent. Dans les arbres souffreteux, des oiseaux claquent du bec, ils survivent. Sur les branches noires du peu, la saison triste est un mouroir. Une mauvaiseté infléchit les endurances, martèle à petits coups d’ongles jusqu’à la plaie. Pourtant, la prévalence du moindre cède toujours devant le rire d'un enfant soufflant sur les akènes des fleurs de pissenlits. ... [Lire la suite]

jeudi 15 juin 2017

LAMBEAUX

Lorsque nos mots se gercent Que nos rêves se plombent Que nos yeux s'emmurent La Poésie A l'envers des talus Ramifie le sens Élargit le secret Entraîne dans un souffle les poussières du jour les maillons nocturnes merveilles et détresses Vers un autre littoral.   .   ANDREE CHEDID Poèmes pour un texte (1970-1991)     .            
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mardi 13 juin 2017

POUR MILA...

Pour ma petite Mila qui fête ses 13 ans aujourd'hui . Comme il s'atténue vite Le bruit sourd qui cogne À la porte du cœur, Dès que la vie nous hèle, Dès que l'espace est là, Fruit ouvert tout entier, Ce printemps de feuillages, De balançoires et de ramiers, Ce feu d'enfances éblouies, Cet orchestre habité, Comme il devient ténu Le tic-tac du temps, Et comme on rejoint vite Cette passion gourmande Et cette rage de vivre, Nougaro au piano, Les trompettes du vent Et les tam-tam maudits, Mais rien n'arrête en fait Le... [Lire la suite]
mardi 13 juin 2017

ANDRE LAUDE...Extrait

... Le paysage de l’enfance morte s’étend devant nos yeux En pure perte nous cherchons le visage du père, le visage de la mère Cette solitude n’a pas de nom, Rien qu’un immense désert ossifié. Nous avions vécu, par instants miraculeux, d’herbes folles, de fruits sauvages, acides Puis vînt le temps de la grande famine Alors nous entrâmes dans les villes avec l’allure superbe de ces lions aux ongles coupés aux crocs limés. Tout meurt sous les paupières des rêveurs obstinés, Y compris la mort. ... . ANDRE... [Lire la suite]
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lundi 12 juin 2017

A JERUSALEM

À Jérusalem, je veux dire à l’intérieur des vieux remparts, je marche d’un temps vers un autre sans un souvenir qui m’oriente. Les prophètes là-bas se partagent l’histoire du sacré … Ils montent aux cieux et reviennent moins abattus et moins tristes, car l’amour et la paix sont saints et ils viendront à la ville. Je descends une pente, marmonnant : Comment les conteurs ne s’accordent-ils pas sur les paroles de la lumière dans une pierre ? Les guerres partent-elles d’une pierre enfouie ? Je marche dans mon sommeil. Yeux... [Lire la suite]

lundi 12 juin 2017

BLEU SEULEMENT

A la lisière seulement ce vent qui bruisse Une basse à laquelle s’accommode le temps Une illusion de soleil et de verdure Derrière laquelle vont tous nos maux Le bleu seulement le bleu Une promesse de repos une étamine Sur le grand lit des désespoirs Sur le patchwork des espérances Une veille parcimonieuse et altérée De vains rêves que nous faisons Et qui s’étiolent ainsi que des soleils levants Que la lumière écartèle et tue Le bleu seulement le bleu Offrande des silences Ceux que nous avons sertis Des pierres que nous avons... [Lire la suite]
lundi 12 juin 2017

LE TEXTE NATAL

Ne désespère pas d’enfin trouver la métaphore de ce qui apparaît sans naître et n’ose vraiment apparaître : vie de plume, vie de vent, vie soufflée, vie rêvée, en filigrane ou murmurée et quand la séquence s’efface dans les brumes d’et caetera, fatigué de ces tropes qui le tirent vers le Sensible, retourne vers son lieu, texte flou, texte trouble, son texte d’origine, traduit de ce qui pourrait être une langue ou un idiolecte d’un âge présymbolique, linéaire B d’une enfance qui cherche vainement son sens dans les yeux éteints d’un... [Lire la suite]
lundi 12 juin 2017

CHANTS NOUVEAUX

Le soir a dit : Je suis altéré d’ombre ! La lune a dit : Moi, d’étoiles brillantes. La source cristalline veut des lèvres Et des soupirs le vent. Mais moi, j’ai soif de parfums et de rires, J’ai soif de chants nouveaux Sans lunes et sans lys Et sans amours défuntes, Soif d’un chant matinal qui troublerait Les eaux dormantes De l’avenir, emplissant d’espérance Leurs ondes et leurs fanges. Il serait lumineux et pacifié, Plein de riches pensées, Virginal dans sa mélancolie, Son angoisse et ses rêves. Exempt de pesanteur, il... [Lire la suite]
dimanche 11 juin 2017

DE L'AVANTAGE D'ÊTRE EN VIE...

À écouter les esprits chagrins, tout serait insignifiant, l’amour une erreur réciproque, la noblesse une imposture, la volupté un fastidieux moment de charcuterie, l’avenir du passé en pire. Selon eux, l’existence devrait débuter avec ressentiment et se terminer dans les regrets. Rien ne leur paraît plus incommodant que l’illuminé qui affirme aimer la vie, qui affirme la vie même. « Pour qui se prend-il celui-là ? » Tandis que le démoralisé délayant les inconvénients d’être né sera perçu comme un être émouvant de sensibilité... [Lire la suite]