EMMILA GITANA

Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

samedi 12 septembre 2009

CLARTE SANS REPOS...Extrait

Au point où en sont les choses, de quelle clarté perdue
venons-nous ? Qui peut se souvenir de l'inexistence ?
Il serait sans doute plus doux de revenir, mais

nous entrons indécis dans une forêt d'aubépines. Il n'y a rien
au-delà de l'ultime prophétie. Nous avons rêvé qu'un dieu
nous léchait les mains : nul ne verra son masque divin.

Au point où en sont les choses,

la folie est parfaite.
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ANTONIO   GAMONEDA

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chagallamoureux

Oeuvre Marc  Chagall

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dimanche 26 avril 2009

DESCRIPTION DU MENSONGE...Extrait

La rouille s'est posée sur ma langue comme la saveur
         d'une disparition.
   
    L'oubli est entré dans ma langue et je n'ai eu d'autre
         conduite que l'oubli,

    et je n'ai accepté d'autre valeur que l'impossibilité.

    Comme un bateau calcifié dans un pays d'où la mer s'est retirée,

    j'ai écouté la reddition de mes os s'établissant dans
        le repos ;

    j'ai écouté la fuite des insectes, la rétraction de
         l'ombre pénétrant ce qui restait de moi ;

    j'ai écouté jusqu'à ce que la vérité eût cessé d'exister
         dans l'espace et dans mon esprit,

    et je n'ai pu endurer la perfection du silence.


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ANTONIO  GAMONEDA

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rouille1

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jeudi 20 novembre 2008

PIERRES GRAVEES...Extrait

Tu peux gémir dans ta lucidité,
ah solitaire, mais alors défais-toi
de la véracité dans la douleur. La langue
s’épuise dans la vérité. Parfois arrive
l’incessant, celui qui devient fou : il parle
et l’on entend sa voix, mais pas sur tes lèvres :
c’est la nudité qui parle, c’est l’oubli.

.ANTONIO  GAMONEDA

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Mani2

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samedi 13 septembre 2008

CLARTE SANS REPOS

Peut-être que je me succède à moi même. Je ne sais pas qui mais quelqu'un est mort en moi.
Il pressentait lui aussi hier la disparition et il était menacé par la lumière, mais
aujourd'hui c'est un autre couteau que j'ai devant mes yeux.

 

Je ne veux pas être mon propre inconnu, je suis encombré par les visions.
Il est difficile

 

de faire circuler tous les jours la lumière dans les veines et travailler à la contraction
de visages inconnus jusqu'à ce qu'ils se transforment en faces aimées
pour pleurer ensuite parce que je vais les abandonner ou parce qu'ils vont
m'abandonner.

 

                          Quelle
stupidité que cette peur éprouvée au bord du mensonge et qu'il est fatigant
de quitter la non-existence pour
ensuite mourir quotidiennement.

 

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ANTONIO  GAMONEDA

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NUAGES

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mardi 4 mars 2008

CECILIA

...Tu dors sous la peau de ta mère et ses rêves pénètrent dans tes rêves. Vous allez vous éveiller dans la même confusion lumineuse.

Tu ne sais pas encore qui tu es ; tu demeures indécise entre ta mère et un frémissement vivant....

...Entre en ta mère et ouvre en elle tes paupières,

entre doucement dans son cœur ;

Redeviens fruit dans le silence. Soyez

comme un arbre qui enveloppe la palpitation des oiseaux

et il s’incline, et en descendent le parfum et l’ombre....

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ANTONIO  GAMONEDA

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bebe

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...Duermes bajo la piel de tu madre y sus suenos penetran en tus suenos. Vais a despertar en la misma confusion luminosa.

Aun no sabes quien eres; estás indecisa entre tu madre y un temblor viviente....

Entra en tu madre y abre en ella tus párpados,

entra despacio en su corazón.

Vuelve a ser fruto en el silencio. Sed

como un árbol que envuelve la palpitación de los pájaros

y se inclina, y descienden el perfume y la sombra....

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ANTONIO  GAMONEDA

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mardi 5 février 2008

GEOLOGIE

Parfois je pars vers les montagnes
pour regarder au loin.

Je marche sur des coteaux où la vieille terre
se fait belle au soleil et je vois
monter l’ombre sur les collines.

Et j’avance
très longtemps en silence.

Mais il y a des jours où je marche sur ces coteaux,
je regarde vers les montagnes,
et même là, pas de liberté.

Et je rentre. Je sais bien qu’il est inutile
de la chercher comme une clé perdue, 
et qu’il est tout aussi inutile
de regarder dans le fond de mon cœur.

ANTONIO  GAMONEDA

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NOSTAGIE1

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lundi 14 janvier 2008

CLARTE SANS REPOS...

Je sens le crépuscule sur mes mains. Il arrive à travers le laurier malade. Je ne veux ni penser ni être aimé ni heureux ni me souvenir.

Je ne veux que sentir cette lumière sur mes mains

et ignorer tous les visages, et ne plus sentir le poids des c sons sur mon cœur,

voir passer les oiseaux devant mes yeux et ne pas remarquer qu'ils s'en sont allés.

Il y a des fissures et des ombres sur des murs blancs, il y bientôt plus de fissures et plus d'ombres et finalement il n’y aura plus de murs blancs.

C'est la vieillesse. Elle coule dans mes veines comme une traversée de gémissements. Toutes

les questions vont cesser. Un soleil tardif pèse sur mes mains immobiles et de ma quiétude, ensemble et doucement, s'approchent, comme une seule substance, la pensée et sa disparition.

C'est l'agonie et la sérénité.

Peut-être suis-je transparent et déjà seul, mais je l'ignore. En tout cas, l'unique

sagesse est à présent l'oubli.

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ANTONIO GAMONEDA

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« Parle-moi pour que je connaisse la pureté des paroles inutiles,

que j’entende siffler la vieillesse, que je comprenne

la voix sans espoir ».

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Pierres Gravées

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ARBRE

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dimanche 23 septembre 2007

Antonio Gamoneda - extrait de Exentos, I, in Edad

Il existait tes mains.

Un jour le monde devint silencieux ;
les arbres, là-haut, étaient profonds et majestueux,
et nous sentions sous notre peau
le mouvement de la terre.

Tes mains furent douces dans les miennes
et j’ai senti en même temps la gravité et la lumière,
et que tu vivais dans mon cœur.

Tout était vérité sous les arbres,
tout était vérité. Je comprenais
toutes choses comme on comprend
un fruit avec la bouche, une lumière avec les yeux

Exentos, I, in Edad
Poésie espagnole 1945-1990

Sans_titre

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