jeudi 14 février 2013

LE LIVRE

L'ombre a, pour passé, la lumière et la clarté, l'ombre.    Quel que soit le chemin que nous empruntions, le passé brasille au loin, tel d'une bougie, le dernier bout libre de la mèche.    Nous retrouvons la chandelle quittée, le temps d'une lecture.    Le livre est le lieu de ces allers et retours ampliatifs.      ... de la nuit à la nuit, c'est-à-dire de l'en deçà à l'au-delà du passé.      Je fais une œuvre qui, instantanément, se refait dans le livre.   ... [Lire la suite]
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dimanche 25 novembre 2012

LES MOTS TRACENT...Extrait

Autour d’un mot comme autour d’une lampe. Impuissant à s’en défaire, condamné, insecte, à se laisser brûler. Jamais pour une idée mais pour un mot. L’idée cloue le poème au sol, crucifie le poète par les ailes. Il s’agit, pour vivre, de trouver d’autres sens au mot, de lui en proposer mille, les plus étranges, les plus audacieux, afin qu’éblouis, ses feux cessent d’être mortels. Et ce sont d’incessants envols et de vertigineuses chutes jusqu’à l’épuisement.   Parler de soi, c’est toujours embarrasser la poésie.   Il y a... [Lire la suite]
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jeudi 22 novembre 2012

DESIR D'UN COMMENCEMENT

"...un livre - disait-il - que je n' écrirai jamais parce que nul ne peut l'écrire, étant un livre:"-- contre le livre."-- contre la pensée."-- contre la vérité et contre le mot."-- un livre, donc, qui s'émiette à mesure qu'il se forme."-- contre le livre, car le livre n'a, pour contenu, que lui-même et il n'est rien."-- contre la pensée, car elle est incapable de penser sa totalité et même le rien."-- contre la vérité, car la vérité c'est Dieu et Dieu échappe à la pensée; contre la vérité, donc, qui demeure, pour nous, une légendaire... [Lire la suite]
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jeudi 22 novembre 2012

ANGUSTIA DE UN SOLO FINAL

Ser todavía, allí donde ya no nos queda más que ese «todavía» por vivir.Las palabras de la amistad preceden siempre a la amistad, como si ésta, para manifestarse, esperara a ser anunciada.No podemos tener una imagen de nosotros mismos.¿La tenemos de los demás?Probablemente, pero no sabemos nunca, por desgra­cia, si es la correcta.Ver de la misma manera que decimos «Hasta más ver» a un extranjero al que miramos marcharse.Lo que pasa alumbra el paso.Lo que permanece, lo anula.Abre mi nombre.Abre el libro.La felicidad que sentimos al... [Lire la suite]
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lundi 12 novembre 2012

UN ETRANGER, AVEC SOUS LE BRAS, UN LIVRE DE PETIT FORMAT...Extrait

Nomade ou marin, toujours, entre l’étranger et l’étranger, il y a – mer ou désert – un espace délinéé par le vertige auquel l’un et l’autre succombent.Voyage dans le voyage.Errance dans l’errance.L’homme est, d’abord, dans l’homme, comme le noyau dans le fruit, ou le grain de sel dans l’océan.Et, pourtant, il est le fruit. Et, pourtant, il est la mer. .   EDMOND JABES   .      
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vendredi 20 juillet 2012

LE SEUIL, LE SABLE Poésies complètes 1943-1988...Extrait

Qui dirait encore, de cette île, qu'elle est une île et de ce " il " qu'il est une pensée ? Qui dirait, ne ressassant que cela, qu' " il " et " île " sont une seule pensée au sein du vide où elle persiste; tantôt figée dans son désir - mais c'est l'espace qui, autour d'elle, s'anime -; tantôt ivre d'errance - mais dans un univers immobile. Ce qui demeure fuit. Et à aucun moment ne refuse: ni l'attente, ni l'aventure; ni d'être double, ni d'être solitude du double et multitude de solitudes. (...) Disant davantage - ne se livrant... [Lire la suite]
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mardi 17 juillet 2012

JE VOUS ECRIS D'UN PAYS PESANT

Aussi belle que la main de l'aiméesur la mer.Aussi seule.J'écris pour vous. La douleur est un coquillage. On y écoute     perler le cœur.J'écris pour vous, au seuil de l'idylle, pour la plante aux feuilles     d'eau, aux épines de flammes, pour la rose d' Amour.J'écris pour rien, pour les mots luisants que trace ma mort, pour     l'instant de vie éternellement dû.Aussi belle que la main de l'aiméesur le signe.Aussi seule.J'écris pour tous. Je vous écris d'un pays, pesant,... [Lire la suite]
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vendredi 13 juillet 2012

CLAIRE EAU

Claire eau qui se livre au prix d'elle-même, il me faut jusqu'au poème, passer par toutes ses phases, en respecter les métamorphoses et d'abord la plus mystérieuse, celle qui consiste pour elle à ne pas être l'eau. J'irai la saluer au ciel, là où elle prend indifféremment les noms de nuage et de pluie selon qu'elle dort ou qu'elle aime. Je la réclamerai au désir, dans les pleurs des plantes et à la terre à chaque pas. Je l'arracherai à la joie, à l'homme dans sa plénitude, au couple pour qui elle se veut un fleuve, à la solitude... [Lire la suite]
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vendredi 13 juillet 2012

LA PAGE BLANCHE

Elle porte le même nom que ses soeurs nées de la blessure des branches et dont on peut lire, en transparence, le destin. Elle a, de l'aile, la légèreté utile. Promise à l'écrivain, tant d'aveux inspirés la séparent de lui, qu'à peine approchée, elle est, déjà, l'épreuve d'un amour perdu. . EDMOND JABES .    
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mardi 10 juillet 2012

LE SEUIL, LE SABLE - POESIE COMPLETES 1943 - 1988...Extrait

Tu ne trouveras pas, Lecteur, dans cet album de chansons, ma préférée. Elle se cache ailleurs, dans le vent dorant tes cils. Ce regard qu'elle aère...Il faut bien qu'une fois endormi, tu entendes ma chanson... Je ne suis pas le chantre de la nuit. Je suis où tu ris, ton rire; là où tu pleures, la guêpe émerveilléee de tes larmes. Tout le suc du monde sur tes lèvres. Il faut bien qu'une fois réveillé, tu chantes ma chanson... . EDMOND JABES . Oeuvre Paul Gauguin          
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