EMMILA GITANA

Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

mercredi 2 décembre 2009

RÛMI

Tout est un, la vague et la perle,
la mer et la pierre.
Rien de ce qui existe en ce monde
n'est en dehors de toi.
Cherche bien en toi-même
ce que tu veux être puisque tu est tout.
L'histoire entière du monde sommeille
en chacun de nous.

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DJALÂL  AL-DÎN  RÛMI

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BAGDAD A CIEL OUVERT

"Je ne sais comment exhumer mon cartable d'école
égaré dans les ruines de la guerre
en route vers les saisons du bonheur

Ici, les matins s'ouvrent
sur des jours nus, sans miracles
alors que là-bas chaque miroir est un visage

Ici il faut se lever tôt
là-bas la mort guette les hommes

Ici les matins sont couverts de battements d'oiseaux
là-bas, d'éclatements de corps

Où est l'homme qui sait sourire
et celui qui garde le fruit de la terre? "

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SALAH  HAMDANI

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ecole_20detruite

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dimanche 18 octobre 2009

OASIS DANS L'INSTANT

Si vous venez me chercher quelque part,

Je serai en un lieu nulle part.

Derrière ce nulle part, il y a quand même quelque part.

Derrière ce nulle part les veines de l'air

Sont pleines de chardons qui nous apportent les messages

De ces fleurs épanouies sur les confins des terres lointaines.

Et le sable porte aussi l'emprunte des chevaux

De ces fringuants cavaliers qui ont franchi à l'aube

Les hauteurs ivres de l'assomption des fleurs.

Derrière ce nulle part, le parasol du désir reste à jamais ouvert :

Et quand le souffle de la soif frémit dans la racine d'une feuille

Les cloches de la pluie se mettent à sonner.

Ici l'homme est tout seul

Et dans cette solitude

L'ombre de l'orme s'étend jusqu'à l'éternité.

Si vous venez m'y chercher,

Venez-vous-en donc lentement et doucement

De crainte que ne se raye

La porcelaine de ma solitude.

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SOHRAB  SEPEHRI

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jeudi 27 août 2009

LES PASSEURS DE CREPUSCULE...Extrait

Depuis trente six ans je veille / sur le sillage des combattants / qui ont pavé les champs de bataille / balisés par la pierre / du non-retour / j''ai pris la plume comme un fusil / et l'encre comme le tartre de la mort / Ainsi ai-je épuisé le vent / et toutes les passerelles de la métaphore / j'ai décortiqué la graine des mots / j'en ai écorcé le son pour qu'ils deviennent galets / munitions de paradoxes / dépouillés du tanin des sens / butoirs / sur lesquels je trébuche / et s'érnousse ma vue / Est-ce dans la lie de mon esprit / que j'ai nagé / jusqu'à écraser mon regard / sur le marc de la réalité ? / Ou est-ce les débris du souvenir / qui m'ont dévidé dans cet abîme noir de la conscience ? / La conscience d'être condamné / épave ombre touarègue / fantôme de sa propre âme / traversant les vertiges / et les clignements du crépuscule / Une épave, dis-je, une ombre / fantôme de sa propre âme / O tourne-tête sans appui / autre que latemujaghal / tempête de cimes d'orgueil / auquel personne aujourd'hui ne croit /pas même ceux qui ont têté / la moëlle épinière de son échine / bosselée par les résistances / aux temps / Chaque jour du présent est  / comme chaque jour de la veille sans horizon

Entorse et chagrin / nous sommes l'orgueil du voyage / Du levant au couchant / nous avons traîné l'alphabet millénaire / et tatoué le désert / du crépuscule à / Voilà qui je nomme / les passeurs de crépuscule / Si vous aussi avez des brumes / à traverser au-delà des cauchemards / alors prenez la route avec nous / Ne craignez pas les crépuscules / nous avons avalé mille lames de l'horizon / sur l'aiguille des saisons /et avons maché multitude d'étoiles / Orions des époques

Ceci est le gémissement éteint / de l'enfant touareg que le rot d'un canon a vissé / sur les vertèbres de sa mère / S'emmêlent les amarres / et s'entrecroisent les paysages et se tassent les horizons / et sont piétinées les étoiles / Entre l'ennemi et l'ami / plus de distinction / entre le veule et le brave / plus de séparation / O vertiges / jument des nausées / Dans quelle époque / quel marécage-purin /de chiens et de phacochères / dansons-nous / au pas de canards constipés

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HAWAD

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ALMOUSTAPHA_TAMBO

Oeuvre Almoustapha Tambo

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vendredi 14 août 2009

PENSEE DE RÛMI

Quand tu es descendu dans le monde de l'existence
une échelle fut placée devant toi
pour te permettre de le quitter.
D'abord tu fus un minéral,
puis une plante.
Ensuite tu es devenu un animal.
Comment peux-tu ignorer cela ?
Puis tu fus un homme doué de raison,
de connaissance, de foi.
Considère ton corps issu de la poussière.
Quelle perfection il a acquise !
Quand tu auras dépassé ta condition d'homme
tu deviendras, sans nul doute, un ange.
Alors tu en auras fini avec la terre.
Ta demeure sera le ciel.
Dépasse même ta condition angélique.
Pénètre dans cet océan
et ta goutte d'eau deviendra la mer.

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RÛMI

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goutte

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mercredi 12 août 2009

JE SUIS NE AVEC DU SABLE DANS LES YEUX...Extrait

"Avec des gestes graves, elle (ma mère) m'a appris à lire les vingt-six lettres de l'alphabet tifinagh qui compose la langue tamasheq. Je revois ses doigts voltiger  pour tracer sur le sable des signes géométriques : le cercle qui désigne le "R",  le trait horizontal qui indique le "N", les quatre points pour la consonnance "KH",  le rond précédé de deux points et d'une parenthèse renversée qui compose le mot "chat". Elle faisait une pause,  effaçait de la main ce qu'elle avait écrit, me demandait de répéter ses gestes. J'essayais de mon mieux. Pour me récompenser, ses ongles dessinaient des poèmes; Elle griffait le sable de ses doigts de joueuse d'imzad. A peine avais-je le temps de m'étonner que'elle effaçait ce qu'elle avait écrit pour composer de nouveaux caractères.

Combien de fables et de ballades se sont ainsi envolées sous l'aile de sa main ou bien au vent des dunes ?"

(...)

" Je dois tout aux leçons de ma mère. C'est elle qui m'a appris à démonter  et à remonter la tente, à plier et à déplier le lit taillé dans le torcha, un arbre au tronc épais mais au bois tendre et léger. C'est elle qui m'a fait découvrir les étoiles qui annoncent les changements de saisons. C'est elle qui m'a révélé les différentes castes des gens de ma tribu, les Iforas. C'est elle qui m'a enseigné la lecture, le chant, la poésie. C'est elle qui..."

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MANO DAYAK

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PROVERBE TOUAREG

"Lorsque quelqu’un te blesse,

tu devrais l’écrire sur le sable afin que le vent l’efface de ta mémoire

mais lorsque quelqu’un fait quelque chose de bon pour toi,

tu dois l’écrire sur la pierre afin que le vent ne l’efface jamais."

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PROVERBE TOUAREG

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ALMOUSTAPHA_TAMBO

Oeuvre Almoustapha  Tambo

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vendredi 31 juillet 2009

MOTS PERDUS

Et s'il arrive que tu perdes un jour tes mots et que tu te retrouves sur les dalles de cette épique falaise des songes ou sur ce poème de sables à ciel ouvert ou tout près du charme de cette rose bénie ;allonge toi la face vers la voûte arrête ton souffle et dis à ton étoile filante ,à tes rêves d'hier ,à cet horizon qui s'ouvre ,à Mouhittan ton fou: "Où sont-ils mes mots?".

Et l'étoile,les rêves, l'horizon, Mouhittan te rendraient tes mots et te diraient: "les voilà tes mots Ange,tisse nous en un poème et vas au delà de nos lunes"
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ALI  IKEN

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rothko

Oeuvre Mark  Rothko

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samedi 11 juillet 2009

LE BLANC DE LA VIE

Je soussigné
Complice du mot   ivre de la mouvance
Brûlure à la limite du rêve et du poignard
Déclare
Avoir volé à l’éclat du soleil
Le cri probant
La sonorité de la pierre isolée
Tant le firmament tarde à se montrer du côté de l’Orient
Et moi de me mordre les dents
Et moi de limer ma langue de bois
Qui sans rougir salive le quelconque
Parfois la surenchère

Et voilà qu’éclate ma bouche
Par l’enflure du mot interdit

Car s’allumant quelque part
Une lumière
Quasi aube, quasi opaque, quasi native d’arcanes
Ou lamelles de flammes
Faufilant l’écume    l’étincelle    le noir broyé
Et la hâte

Et si la suée du temps inquiète l’horizon de mire
Recueille-toi au Sud
Même si le soleil se lève de quelque part

cesse, m’as-tu dit, de chauler les falaises et les détroits lointains,
interroger les cycles, la poussière des astres et le parchemin
Harnache les cavales
Monture contre monture
les sellettes échangent leurs dorures
pour une poussière
qu’est-ce donc cette cendre brumant  mes endurances
les variances du mensonge prétendument nécessaires
qui retiennent la passade de l’œil
interrogent le charme de l’indifférence du voile
m’emportent
les épaules accoudées aux caprices des vents
alors que naît promptement des braises mâchées
le  RRRRRRRRRRRRRRRRRRAAAAAAle

A en folir

Que se lève le jour
Au pire
Que la nuit continue

… car je m’en vais cajoler le soleil au grain de beauté
sur le front droit
attendant le moment propice d’attraper la lune à la main
puis ajourer à l’envi
le cailloutis
le diaphane
la laine écrue
à l’arrière-goût de terre et de sueur
qui larmoie

Cesse, m’as-tu dit, d’attirer toutes les nuances avoisinantes,
sans pour autant fourvoyer les couleurs flottantes

Le piège, c’est le mi-chemin
Il te fait suivre les plis de la taillade
Jusqu’au vide ivre d’avoir féculé
Les grains de nul désert
Va à l’annonce d’autres correspondances
Vers l’imbrication de continents encore souterrains
Et accroche-toi
Accroche-toi aux rênes de ce grain esseulé

Au bout de l’océan, le désert

Je quitte le bord du parcours certain 
me transforme en chien à qui on a coupé les cordes vocales
pour qu’il ait l’impression d’aboyer
et crie… hurle… très… très fort
La barque sur le dos
Parfois cadavre   
Parfois étoile
Souvent voyage
A contre-voie d’un vent outrancier, d’un ressac, d’un songe
J’y découvre
des ombres au regard d’argile fissuré
allongées sur les vagues de l’océan
océan miroitant ce qu’il ne contient pas
d’où percent des cris
cris tus par la magie
gît le mensonge
mensonge du report s’entassant à hauteur de l’oubli
oubli à usage courtisan
J’y croise l’odeur du vide à demeure
Elle m’enveloppe tel un prématuré venu une nuit d’hiver
m’égare
entre le cliquetis des vers et les ronflements de l’oreiller
La barque sur le dos
Je parcours la traversée du désert
ponctuant mon errance par une divagation aux abords écumeux :

La sécheresse ravage mes yeux   s’agite le léger sommeil   les reptiles s’incrustent dans les brèches du corps   s’aigrissent les ruisseaux  s’évide le frisson   renaît le râle  s’échange la virginité des fillettes contre des litres de gasoil   noix vides  supercheries  traîtrises  dédits   dépeçage    
est-ce le nord   est-ce le sud   est-ce toi    est-ce moi    c’est la menthe devenue opium   c’est la corde devenue vipère   c’est le grenier devenu repaire de hiboux   chauves-souris  araignées venimeuses   c’est toi   moi

réduits à être moins que nombre   moins que poussière   moins que rien c’est le temps du gâchis
s’égrène le long de la consumance  s’empresse de croître sur les débris des

espérances   éparpillés   sans   bienveillance 
La barque sur le dos
Je laisse les chemins s’illimiter au gré de la mouvance 
longe le désert en passe de devenir océan   
sillonne les rivages 
le vivre éclaté de toutes parts 
Il se peut que j’y trouve réponse à cette flamme qui m’a pris en otage,
que je couve intimement, allant d’attisement en attisement, entretenant
mon rêve, tiré par une jument n’ayant pour repère que l’horizon

J’aurais tant aimé dormir un siècle

Quitte à céder
Mon corps aux vautours
Mes cendres à l’océan

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MOHAMED  LOAKIRA

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bois

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vendredi 3 juillet 2009

LE POEME PALESTINIEN...Extrait

Il ne reste que le sable
Ni les arbres n’étendent leur ombre sur les dormeurs,
Ni le vent ne s’assouplit lorsqu’une femme le touche,
Ni nos âmes ne nous suffisent…
Nous sommes sortis de l’enfance comme des papillons
Nous avons brûlé autour du feu de la première femme
Et avec sa sagesse la cendre nous a rendus malheureux
Nous étions pressés
Alors nous n’avons pas tété le lait des mères
Nous n’avons pas reniflé l’odeur des pères

Et le ciel ne nous a pas parlé, comme nos parents le souhaitaient

Nous étions pressés
Nous sommes nés
Nous avons improvisé la mort, le sens
Et nous nous sommes improvisés nous-mêmes
Nous n’avons pas beaucoup rêvé
Nous n’étions pas sur la terre
Sur les murs nous avons seulement écrit nos cœurs

Nous étions pressés
Nous avons grandi comme une obsession dans la nuit
Embryons, nous avions égaré
Nos premiers corps et maisons
Et nos soucis

Pas de ciel pour nous ombrager
ni terre qui porte la nôtre
Alors nous avons empli la nuit de fantômes
Nous avons grandi
Et soudain nous nous sommes inclinés pour dire adieu aux choses
Avant de les quitter
Nous n’avons pas tété le lait maternel
Et la glaise n’a pas encore séché sur nos os
Il ne reste que le sable
Même les prophètes ont jeté les gouttes de lumière
Et se sont retirés dans leurs prières
Même le ciel est parti sans nous regarder.

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ZOUHIR  ABOU  CHAYEB

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