dimanche 30 septembre 2018

LE DESIR ET LA POUSSIERE...Extrait

Les ombres des morts sortent de la poussière et s’envolent dans le vent   je crois en une seule terre en un seul ciel je crois en la résurrection des pierres et l’immortalité des vagues   je crois au murmure des graines dans la terre je crois au silence des lacs de forêt   les nuages descendent quand je les appelle les continents engloutis surgissent de la mer et l’arc-en-ciel se casse en deux les églises se renient les unes les autres avant que le coq ne chante pour la troisième fois les déserts... [Lire la suite]

dimanche 30 septembre 2018

LA RETRAITE SENTIMENTALE...Extrait

La nuit descend, prompte à se fermer sur ce jardin dont la grasse verdure demeure sombre au soleil. L’humidité de la terre monte à mes narines : odeur de champignons et de vanille et d’oranger… on croirait qu’un invisible gardénia, fiévreux et blanc, écarte dans l’obscurité ses pétales, c’est l’arôme même de cette nuit ruisselante de rosée… C’est l’haleine, par-delà la grille et la ruelle moussue, des bois où je suis née, des bois qui m’ont recueillie. Je leur appartiens de nouveau, à présent que leur ombre, leur silence étouffant ou... [Lire la suite]
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vendredi 28 septembre 2018

CONTRE-JOUR

  Revenir    pieds nus dans les traces trop larges comme si on rentrait chez soi.   Glisser sur le sol se laisser écorcher par les échardes de la mémoire et rendre grâce à la source à la leçon de l’humus à l’éclatement végétal.   Il faut murmurer d’une voix profonde les rêves éteints la cendre lavée de tout l’ocre humain. Il faut dire à voix froissée ce qui hurle en soi avant de se taire.   Dire les chemins tortueux dans la terre lasse de nos migrations. Dire aussi l’adagio... [Lire la suite]
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samedi 22 septembre 2018

CAHIER DE VERDURE...Extrait

Le mince croissant de lune aperçu le soir dans le jardin, la serpe qui est pure illusion, qui est chose aigüe mais aussi doucement lumineuse, la «serpe de lait» qui perdra vite sa forme, qui s'inscrit un instant dans le ciel du couchant et surprend toujours, qui vous accompagne avec fidélité, lointaine, mais présente. À l'image de la serpe se lie inévitablement celle de la main qui devrait la tenir, de la moissonneuse dans quelque cortège en l'honneur de Céres — comme si, d'une fête, n'était visible qu'un emblème au-dessus de la... [Lire la suite]
samedi 22 septembre 2018

FICTION D'UN DEUIL

Hommage à mon père... pour ses marguerites et ses coquelicots, qu'on admirait sans jamais les cueillir   . L’innocence, je l’ai toujours vue accrochée à ton regard comme un voile d’eau qui danse les lumières du monde, enveloppe et sublime chaque chose du monde  Les chevelures folles des enfantsLa nacre des coquillages aux teintes indécidablesSculptésAux croisées des vents et des marées Un chapelet de beignets enfilés dans une feuille de palmierLes marchands ambulantsLes figues fraîches et le maïs grillé sur les... [Lire la suite]
vendredi 21 septembre 2018

VENTS...Extrait

« Ce serait un jour de grand vent. Oh ! de vent à trousser toutes les robes aux arbres de la terre. Et la mer serait folle à tordre ses vagues comme de la dentelle brassée par des mains de femme. Les graines des fruits cliquetteraient au fond de leurs gousses. Il y aurait des râles d'eau, des plaintes d'arbres, des roulements de pierres. Il y aurait des moiteurs dans l'air, des senteurs de vanille et de sel, du rose de luxure aux joues du ciel. Vous seriez là, assis au milieu de tout cela et vous entendriez tonner la voix du... [Lire la suite]
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jeudi 20 septembre 2018

LA HAINE EST FAITE DE SENS COAGULÉ

1 – de la nature   L’apparition dans le lexique juridico-politique, social et institutionnel d’un terme jusqu’ici propre au registre affectif ne peut pas manquer d’attirer l’attention. Les lois et les discours sur la société et les mœurs touchent rarement aux affects. On parle du mariage, des rapports sexuels licites ou illicites, des rapports qui peuvent donner lieu à des « conflits d’intérêt » mais on ne parle pas d’amour ni d’amitié. On parle d’injure, d’outrage ou de diffamation, mais récemment encore on ne parlait pas de «... [Lire la suite]
dimanche 16 septembre 2018

ANDRE VELTER...Extrait

A Ghaouti Faraoun    On a dit qu'il était nésous l'étoile du chevalun temps de nuit claireoù le ciel avait butout le lait des fantômes.Le poing serré sur un caillot de sangil avait glissé les yeux fermésentre les mains des femmes.Au bas de l'horoscopele chaman a noté qu'il avaitmangé l'écorce de son cri.On a dit qu'il était entré muet dans le mouvement du mondeprenant de vitesse son propre départ.D'emblée il n'avait eu de cesse toujours avalant son ombre toujours essoufflant sa ragetoujours chevauchant son... [Lire la suite]
lundi 10 septembre 2018

L'EXIL IMMOBILE/ESILE IMMOBILE

Ce matin je ne sais pas ce qui s’est passé :les maisons n’ont plus de fenêtres,les arbres n’ont plus de racines,les prairies ont abandonnéleur couleur dans la nuit,les fleurs se sont réduitesà un simple contour en fil de fer.La mer ne retrouve plus l’horizontransparent dans l’espace transparent.Des étoiles monte un filet de brumecomme de chandelles éteintes.Le bon Dieu a avalé l’orange du cielet à la place de la lune, plus qu’un trouqui conduit au cimetière des avions morts,il fait nuit dans la nuit, noir dans le noir.Maintenant les... [Lire la suite]
lundi 10 septembre 2018

ASILE PERSONNEL...Extrait

Comme la rivière se remplit de brindilles par un jeu d’enfants,d’une rive à l’autre le jour étend sa voix, la tienne.Je ne sais rien des colombes qui passent sur ton front lorsque la nuit s’endortni des clefs tentant de t’arracher pour l’autre vie.Je sais des syllabes dans l’ombre, courant inlassables sur les rails,quand dans la plaine la ville n’est plus qu’une île sans sommeil.Et par son accent navigue ta voix, indéclinable et fertile,plus proche de la terre que des hautes sphères invisibles.Spectacle comme la flamme qui monte sans... [Lire la suite]