lundi 20 juin 2016

J'AI APPRIVOISE UNE MAISON

J'ai apprivoisé une maison à flanc de colline. C'est une petite maison sans prétention, pas très belle, pas vraiment sauvage non plus mais elle avait sa fierté. Je n'étais rien pour elle. La première fois où je suis venue, j'ai pensé que c'était un lieu où je pourrais me sentir bien. Une hypothèse de départ en somme. Il me fallait un toit et cette maison vide, avec son petit jardin brouillon et sa cour en terre, ressemblait à ce que je cherchais. Une maison ne peut rien dire bien sûr. Elle est choisie et il est fort probable qu'en... [Lire la suite]

vendredi 17 juin 2016

HERITAGE SENAN

Nous sommes du pays où la mer et le ventOnt donné aux rêves des enfantsLe goût salin des pierres usées par les embrunsEt la pluie compagne des chagrins  Un pays si petit face au grand océanQu'on ne voit pas son ombre au couchantUn trait sur l'horizon fait de quelques maisonsDe granit et de brun goémon.Ici par grand soleil aux langueurs des étésPeu de plages où l'on vient se dorerUn nuage effacé ne fait pas oublierQu'une vague peut tout emporter (bis)D'une roche fragile à l'abord des gros tempsBateau frêle à la cape souventQuand... [Lire la suite]
Posté par emmila à 20:30 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,
mardi 14 juin 2016

DERISOIRE

Voici que déjà mon noms’effaceet rompt avec la partitionque j’avais déroulée.Je l’ai jouée à m’y perdrea cappellaà l’envers sans répit.Les mots retournent aux lettreset les lettres aux signesréseaux hâtivement bâtisentrelacs de lignes coléreusesde points évasifs ou mourants.Voici que déjà s’amenuisel’espace tel un feuque l’on couvre brusquement,des pattes d’oiseauxsur l’humidité du sable,le fantôme d’un arbreoù le vent reste prisonnier.Que c’est étrange !Alice aux cheveux blanchis,on cherchait un lieud’écriture lenteoù déposer nos... [Lire la suite]
mercredi 8 juin 2016

SOHRÂB SEPEHRI...Extrait

Moi dans cette obscuritéJe songe à un agneau lumineuxQui viendrait paître l'herbe de ma fatigue.Moi dans cette obscuritéJe vois le prolongement humide de mes brasSous la pluieQui mouilla les premières oraisons de l'homme.Moi dans cette obscuritéJ'ai ouvert la porte aux prairies antiques,Aux ors que nous contemplâmes sur le mur des mythes.Moi dans cette obscuritéJ'ai vu les racinesEt au tout jeune buisson de la mort, j'ai expliqué l'eau.   . SOHRÂB SEPEHRI . Couvent St François , Nonza, Cap Corse
mardi 7 juin 2016

FEUILLETS D'HYPNOS...Extrait

 La contre-terreur c’est ce vallon que peu à peu le brouillard comble, c’est le fugace bruissement des feuilles comme un essaim de fusées engourdies, c’est cette pesanteur bien répartie, c’est cette circulation ouatée d’animaux et d’insectes tirant mille traits sur l’écorce tendre de la nuit, c’est cette graine de luzerne sur la fossette d’un visage caressé, c’est cet incendie de la lune qui ne sera jamais un incendie, c’est un lendemain minuscule dont les intentions nous sont inconnues, c’est un buste aux couleurs vives... [Lire la suite]
Posté par emmila à 17:05 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
dimanche 5 juin 2016

LA MAIN PAYSAGE

La main paysage, paume de sables et de brumes Les blancs coteaux de solitude Une femme endormie au soleil du silence Une verdeur exquise enfantée dans l’ivresse Au rivage de la colline, une mouette, immobile Veille les blés, gourmands de rondeur clair de lune La danse parfumée du chèvrefeuille courbe le vent Les corolles enflammées au crépuscule exultent Un oeil ouvert au creux des pierres grises Pupille d’ocre Noir Les vertiges du matin, conteurs de promesses Un carnaval de nuages déguisés en pluies Derrière un mur, les... [Lire la suite]

jeudi 2 juin 2016

A YVES HEURTE

Le mot frère existe-t-il    Sans qu'on l'habille d'un drapeau ?    J'appelle camarade    Le pain nu sur la table    Où chacun prend sa croûte.    Les étoiles sont mes sœurs.    Les arbres sont mes oncles.    La sève au bout des branches    Nous parle des racines.    Je lis les lignes de la main    Tout au bout d'un moignon.    Tout homme prend naissance   ... [Lire la suite]
mercredi 1 juin 2016

JE T'ATTENDS

je t'attends aux grilles des routes aux croisées du vent du sommeil je crie ton nom au fond des soutes des marécages sans oiseaux du fond de ce désert de fonte où je pose un à un mes pas j'attends la source de tes bras de tes cheveux de ton haleine tu es terrible tu m'enchaînes tu me dévastes tu me fais je t'attends comme la forêt inextricable enchevêtrée tissée de renards et de geais mais que le matin fait chanter.   .   LUC BERIMONT   .  
Posté par emmila à 21:53 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
mardi 31 mai 2016

LE BONJOUR ET L'ADIEU...Extrait

Je viendrai mordillant une brindille de thymfleurs minuscules d'un ciel accouruô terre en quelle nuit est né ce désir?Je viendrai faire éclater ce criqu'il ne perde pas dans la longue fuite d'espacequand se creusent et s'effacent les barrières...Quand viendras-tu?le chardon est jeté au feula poussière roule sous la porteÔ paysage je t'ai rêvé trop démunitraînant ma faim de toijouant de ce retour mais on ne guérit pasde la blessure irréparableun peu de vent qui frôle mon épauleme lègue ton parfum. .   PIERRE-ALBERT JOURDAN ... [Lire la suite]
mardi 31 mai 2016

NOTES INTIMES

"En ce temps-là, j'étais jeune et j'avais soif: il m'a donné à boire. J'étais jeune et j'étais laide: il m'a fait croire que j'étais belle. J'étais sage et j'avais froid, j'avais peur et je tremblais, je craignais Dieu, je craignais les gens, je craignais mon père et ma mère, je me cachais en moi, je me cachais dans l'ombre, je me cachais en Dieu pour n'être pas trouvée: il m'a prise et ramenée sur la terre en plein soleil. J'avais dans le cœur une grâce, une fleur serrée, qui n'osait pas s'ouvrir: il l'a fait épanouir sur le pas de... [Lire la suite]
Posté par emmila à 20:12 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,