lundi 25 juillet 2016

FEUILLETS ...Extraits

L’exubérance, fleurs, feuillages, du milieu de juin n’est rien comparée à la puissante maturité qui saisit cette terre plus belle qu’aucun ciel. A la fin de juillet le ciel auparavant comme une lisse toile bleue se creuse soudain, gouffre sans un frisson où baignent les feuillages verts et noirs d’une dureté inexorable ; et lorsque août arrive, on voit vers le soir la lumière comme un fleuve fuir à l’horizon vers une mer inconnue et rendre à la voûte abandonnée sa transparence peu à peu chargée d’étoiles.   .   GUSTAVE... [Lire la suite]
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jeudi 21 juillet 2016

PASSAGE A L'OMBRE

Dans les bras de la lumièreEt la beauté du mondeEn dépit du plomb durciA la barbe des sanguinairesCes flocons de neigePour apaiser la terreDu feu qui lui brûle les lèvresPourquoi aimez-vous tant les cendresQuand la braise nourrit mon cœurTendre dans les cours des rivièresPourquoi détruisez-vous mon limonRéduit en poussièreLe soleil vous fait-il peurDe voir votre propre ombre .   TAHAR BEKRI   .      
mercredi 29 juin 2016

JE EST UNE ILLUSION

Loin d'ici la présomption, la prétention de se  risquer à courir sur les brisées de la poésie Rimbaldienne !  Je est une illusion, cette  paraphrase certes osée ou fantasque venant d'un quidam le laisserait peut-être entendre. Je m'en défends et me garde de toute velléité de ce genre, laissant aux poètes disparus la primauté et l'exclusive de l'assertion ; mais enfin, il me semble que cette image sied au texte conçu en vivant de si près la mer et les grands espaces... Alors, d'un commun accord, je vais comme je... [Lire la suite]
jeudi 9 juin 2016

GUISANE...Extrait

Ecrire, c’est poser sur la mélancolie du miel. C’est placer la ruche de vivre au cœur de l’abeille des jours. Ecrire, c’est se placer sous l’ombre latérale de la lune. Invoquer sa puissance minérale. Partager la ligne inconnue des étoiles avec les fourmis et les passants de l’herbe. Ecrire, c’est dire un monde qui hésitait à naître. Il y a dans chaque ruelle du sens et des fragrances. Ecrire est une femme d’argile. Puissante et visionnaire. Ecrire est un homme d’ambre. Qui dans son silence détient la clef du... [Lire la suite]
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mercredi 8 juin 2016

SOHRÂB SEPEHRI...Extrait

Moi dans cette obscuritéJe songe à un agneau lumineuxQui viendrait paître l'herbe de ma fatigue.Moi dans cette obscuritéJe vois le prolongement humide de mes brasSous la pluieQui mouilla les premières oraisons de l'homme.Moi dans cette obscuritéJ'ai ouvert la porte aux prairies antiques,Aux ors que nous contemplâmes sur le mur des mythes.Moi dans cette obscuritéJ'ai vu les racinesEt au tout jeune buisson de la mort, j'ai expliqué l'eau.   . SOHRÂB SEPEHRI . Couvent St François , Nonza, Cap Corse
jeudi 2 juin 2016

A YVES HEURTE

Le mot frère existe-t-il    Sans qu'on l'habille d'un drapeau ?    J'appelle camarade    Le pain nu sur la table    Où chacun prend sa croûte.    Les étoiles sont mes sœurs.    Les arbres sont mes oncles.    La sève au bout des branches    Nous parle des racines.    Je lis les lignes de la main    Tout au bout d'un moignon.    Tout homme prend naissance   ... [Lire la suite]
lundi 30 mai 2016

CHANSON POUR UNE AMOUREUSE SECRETE

II y avait dans les feuilles une femme qui riait si petite qu’on pouvait en faire une ardoise pour les toits. Une femme pour chaque rire si rose pour couvrir tous les toits. Je pouvais dans la douleur la clouer comme un ciel au sang, au vent ou à l’ombre de l’arbre ou encore à ses ailes. Mais l’amour me surprit dans ma haute nuit de haine avec un oiseau mort dans les bras. Jusqu’où chercherais-je à m’oublier ? Il y avait une femme au milieu de la terre, si rongée de mystère qu’on la prenait pour un fruit pourri. Et les hommes la... [Lire la suite]
dimanche 29 mai 2016

LE COEUR D'OCTOBRE...Extrait

Quand l'été reviendra le ciel des lavandes ô coeur! Le poème aura accompli un peu du chemin de poussière la beauté n'aura cessé de veiller à la consommation de ses registres le lézard dressé auprès d'elle mourra intouché dans ce feu foulant les hautes herbes je saisis l'amertume de l'air l'âpre semonce au levant le nom déjà s'efface le ciel maternel soudain par-delà les combes noires (la paille dorée bientôt foulera les terres patientes) la pureté du silence et les lèvres dans un souffle formant un oui.   .   ... [Lire la suite]