dimanche 12 juillet 2020

LETTRE À FRANKÉTIENNE

  Je t’écrisde ce pays violé blesséen déconstombrancecomme si tu es d’ailleursoiseau migrateuramarré au revers des exils assassins Je t’écrissur les ruines et les décombresd’une patrie pilléeravagée déchalboréepour saluer l’éternité de ta mémoirechevauchant l’immortalitéà l’orée des légendes comment tutoyerl’immensité de ton existence plurielleégrégore littérairesans réveiller ta colère d’hommeicitec’est la danse épileptique du chaosla désolationla perdition des souriresen lambeaux de désastrela grimace des ruesen dérive dans... [Lire la suite]

dimanche 5 juillet 2020

DIEU, LE SILENCE ET MOI....Extrait

Ma maison d’autre mer est restée in-accostéeMes rêves encore y naviguent dans une eau de selMes yeux gouttent comme une mémoire de source et de regards perdusJ’ai du sable et des fissures de pierres dans le flot escarpé d’une enfance qui s’enfonceJe piétine une obscurité de décennies qui grésillent comme des branches de palmier Au matin, mon âme se perd dans de petits jours où les boutons d’or sont en exilDans la cadence apatride du cœur, j’arpente l’aigre du destinJe palpe le cri mort du vent dans l’oued, je ploie les rides... [Lire la suite]
dimanche 21 juin 2020

LE DERVICHE DES MOTS...Extrait II

J’ouvre sur celui qui est né de lui-même dans l’eau du papillon double cri des abricots   j’ouvre sur la gazelle rouge et la main du calligraphe dansant autour du noun pour la lune sacrifiée   j’ouvre sur le sourire de la défunte chant de rosée humaine qui engendre la nuit de magiques syllabes   j’ouvre sur le chemin nimbé de paroles ailées sur le croissant improbable et l’étoile gémellaire tatouée sur le front d’un nouveau-né   j’ouvre sur la main qui pense le... [Lire la suite]
mercredi 20 mai 2020

BRUNO ODILE...Extrait

Ô combien il me plairait de ne pas renoncer à la joie en donnant un sens aux jours qui viennent ! Ma solitude est une porte défoncée, un levain sans adjonction, un ébruitement de l’ombre mourante à la lumière. La joie est punie lorsqu’elle reste sur le seuil, redoutant l’accomplissement comme une culbute prévisible. Un croche-pied à l’assiduité des épreuves et des délits. Une dégringolade pitoyable que la crainte et le doute s’empressent de tenir à l’écart. Des lumières naissent sous les dalles du silence. Quelque part, dans la... [Lire la suite]
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jeudi 30 avril 2020

LE SENS DU MIROIR

Une âme, si elle veut se connaître,c'est dans une âme qu'elle doit se regarder.Platon       .   Pénétré de silencel'espace ouvertd'une mémoire tourmentée. Mes mots y habitentun peu à l'étroitparmi les questions. Ils sont dans l'œil rondde l'oiseau enivré de son chantdans le miroir mouvantdu fleuvedans la fragilitédu présent. Moiteurdes images calcinéesmoiteur d'un temps écheveléde genoux salisd'élans sauvages . Dans l'argileune empreinte figéel'évidence d'une présence.Parfois des bruits de pasqui s'en... [Lire la suite]
jeudi 23 avril 2020

ET LE DRUIDE DISAIT

À André, le magicien de mon enfance   .   Au fond de chacun il y a une forêt peuplée d'une mémoire de brindilles, l'enfance et la mort y côtoient une peur instinctive où l'homme cherche son maître.   Au jardin neuronique, l'enfant que j'étais me tient par la main, petit fantôme venu de ce pays d'hier aux réalités buissonnières, avec lui, encore je cherche ce druide qui, de rires en tempêtes,   sous sa robe de vent, égarait mes chagrins.   Cours le siècle, comme une rivière qui s'assèche, le... [Lire la suite]

mercredi 11 mars 2020

LA TRAPPE DU MONDE

Faute de nom un non attend le nouveau-né innocemment tombé dans la trappe du monde.De sommeil en sommeil, il efface l’horreur,il s’efface en douceur dans d’étranges babils.Et comme la brindille espérant le vieux cèdre,sa sève d'origine où il pourrait renaître,il traverse des jours et des saisons stériles,il traverse des vies et des morts successives– continents expulsés des mémoires du monde,villages explosant de pestes génitales,villages oubliés par leurs propres chemins,où l’on endort la faim avec une berceuse –.La mort lui prête... [Lire la suite]
Posté par emmila à 10:59 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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samedi 25 janvier 2020

PARTIR

Il prend son baluchon, un bonnet de vent et des mots en écharpe. au fond de sa poche, une bille, un parfum, une ivresseet la douceur fanée d’une joue de grand-mère.   .     LUCIE PETIT     .          
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lundi 20 janvier 2020

PATRICK ASPE...Extrait

J'ai lancé l'espace dans le grand ciel du temps qui va, nuages, arbres arborés de ta lumière, à la lisière de ton chemin, mains dans nos mains, à travers les siècles des pierres, des pistes et des instincts, ventres des femmes, sources créations, pulsions, gémissements, floraisons... Et les images en suspension - les encres, les coups de crayon, les calques, et la passion, même les poussières font de la mémoire un univers qui gagne le coeur - compte à rebours -  je prends sur moi, la lune brève, les lèvres... [Lire la suite]
jeudi 16 janvier 2020

NADIA TUENI ...Extrait

Se souvenir - d'un village escarpé, posé comme une larme au bord d'une paupière; on y rencontre un grenadier, et des fleurs plus sonores qu'un clavier. Se souvenir - de la vigne sous le figuier, des chênes gercés que Septembre abreuve, des fontaines et des muletiers, du soleil dissous dans les eaux du fleuve. Se souvenir - du basilic et du pommier, du sirop de mûres et des amandiers. Alors chaque fille était hirondelle, (…) Se souvenir - de l'ermite et du chevrier, des sentiers qui mènent au bout du nuage, (…) Se... [Lire la suite]
Posté par emmila à 22:31 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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