mardi 6 janvier 2015

QUINZIEME POESIE VERTICALE

   Éteindre la lumière, chaque nuit,    est comme un rite d’initiation :    s’ouvrir au corps de l’ombre,    revenir au cycle d’un apprentissage toujours remis :    se rappeler que toute lumière    est une enclave transitoire.    Dans l’ombre, par exemple,    les noms qui nous servent dans la lumière n’ont plus cours.    Il faut les remplacer un à un.    Et plus tard effacer tous les... [Lire la suite]
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vendredi 7 novembre 2014

LA CANCION INTRADUCIBLE

Usar la propia mano como almohada.El cielo lo hace con sus nubes,la tierra con sus terronesy el árbol que caecon su propio follaje.Sólo así puede escucharsela canción sin distancia,la canción que no entra en el oídoporque está en el oído,la única canción que no se repite.Todo hombre necesitauna canción intraducible.   .   ROBERTO JUARROZ   .      
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vendredi 7 novembre 2014

LA CHANSON INTRADUISIBLE

Prendre sa main pour oreiller. Le ciel le fait avec ses nuages, La terre avec ses mottes Et l’arbre qui tombe Avec son propre feuillage. Ainsi seulement peut s’écouter La chanson sans distance, Celle qui n’entre pas dans l’oreille Parce qu’elle est dans l’oreille, La seule qui ne se répète pas. Tout homme a besoin D’une chanson intraduisible.   .   ROBERTO JUARROZ   .    
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samedi 7 juin 2014

ROBERTO JUARROZ

Si nous connaissions le point où quelque chose va se rompre, où le fil des baisers sera coupé, où un regard cessera de rencontrer un autre regard, où le cœur ailleurs s'élancera, nous pourrions mettre sur ce point un autre point ou du moins l'accompagner quand il cède. Si nous connaissions le point où une chose va se fondre avec une autre, où le désert rencontrera la pluie, où l'étreinte atteindra la vie, où ma mort s'approchera de la tienne, nous pourrions dérouler ce point comme un serpentin ou du moins le chanter jusqu'à mourir. ... [Lire la suite]
samedi 15 mars 2014

EFFACEMENT

S'effacer,s'abstenir,sous n'importe quel climat. Vivre les nuits comme des sortilègeset rester en marge,sans même les prononcer.Dévier légèrement l'éternitéet se tenir là en suspens,comme un insecte dans une fissure.Ce n'est qu'ainsi,abandonnant parfois temporairement la vie,qu'on peut continuer de vivre   .   ROBERTO JUARROZ   .        
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samedi 18 janvier 2014

DIXIEME POESIE VERTICALE...Extrait

La fibre de quiétude que contient le fil de tout mouvement canalise un message qui parfois arbore la grâce comme une mystérieuse passion et une transgression du mouvement.   Un code secret, stupéfiante sueur de l'harmonie qui semble se tapir au fond, projette ainsi ses signes et parvient un instant à apprivoiser le coeur même du mouvement, pour qu'à la fin surgisse, comme une chose absolument nécessaire, le corps déconcertant de la beauté.   Tout mouvement est un tâtonnement contradictoire, toute beauté une... [Lire la suite]
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dimanche 13 octobre 2013

QUINZIEME POESIE VERTICALE...Extrait

Chaque texte, chaque mot change selon les heures et les angles du jour et de la nuit, selon la transparence des yeux qui les lisent ou le niveau des marées de la mort. Ton nom n'est pas le même, ma parole n'est pas la même avant et après la rencontre avant et après avoir repensé que demain nous ne serons plus. Toute chose est différente regardée de jour ou de nuit, mais ils deviennent plus différents encore les mots qu'écrivent les hommes et les mots que n'écrivent pas les dieux. Et il n'y a aucune heure, ni la plus prometteuse, la... [Lire la suite]
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jeudi 26 septembre 2013

POESIE VERTICALE...Extrait

 La vie commence où l’on veut qu’elle commence, où quelqu’un est capable de créer une forme.  Ou là où quelqu’un est capable de se laisser créer par une forme.   Mais avant d’entraîner les mains à créer une forme  ou à s’ouvrir à elle, il faut leur apprendre à créer l’espace  pour cette forme.   La vie aussi s’achève où l’on veut qu’elle s’achève, où quelqu’un est capable d’effacer une forme  ou d’annuler son espace. Ou là où quelqu’un est capable de se laisser effacer par... [Lire la suite]
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lundi 23 septembre 2013

TREIZIEME POESIE VERTICALE...Extrait

Refluer de tous les langages. Retrouver les mots À leur stade d’oiseaux en vol, Baisers qui s’échappent des lèvres Et s’en vont pour leur propre compte Trouver d’autres lèvres. Et comme il n’est pas possible D’atteindre la nudité des origines, Récupérer dans les mots Quelque chose d’aussi délié et libre Que la nudité des cheveux. Et lorsque tous les mots Seront de nouveau commencement, L’homme aussi de nouveau commencera. Et peut-être que tout de nouveau commencera...   .   ROBERTO JUARROZ   .   ... [Lire la suite]
lundi 19 août 2013

DECIMOCUARTA POESIA VERTICAL

  Nadie puede comenzar otra vez. Además, si alguien pudieraocurriría lo mismo:una cegadora sucesión de luces y sombras,hilo de intermitencias,enloquecida danza de ascensos y caídas.En verdad no hay comienzos.Sólo somos secuencias intermedias,pero no de un punto a otro:secuencias entre secuencias.Y es en vano que queramos plantarnosy ser desde nosotros.       Hasta el árbol es como la música:una respiración de tinieblasque se reparte en hojaspara amamantar al viento.   .   ROBERTO JUARROZ ... [Lire la suite]
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