jeudi 20 août 2009
LES TEXTES BLONDS...Extrait
Il suffit d'un regard pour que germe la haine
et déferle l'angoisse au fond des galaxies
il suffit d'un regard pour que mon être porte
aux sommets du plaisir les épaves de toi
Il suffit d'un regard pour que pleure la neige
et que monte la sève au levain de l'amour
il suffit d'un regard pour se tordre et s'enfuir
et d'un regard aussi pour que gicle le rêve!
Il suffit d'un regard pour que gronde la pierre
d'un regard qui embrasse et moule l'univers
il suffit d'un regard pour dans une prière
voir s'étendre la vie au néant vaste et mou !
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NADIA TUENI
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NADIA TUENI
Ecoute,
toi dont la voix fait de grands gestes
et dont les bras sont chant d'oiseau, écoute:
la ville blanche est un tombeau.
Ne crains ni le soir ni l'ennui,
tous deux ouvrent sur un jardin.
Ne crains ni l'amour ni la nuit,
la mort est un chariot faisant route vers l'est,
la vie n'est que la vie, simple abri du regard.
Ecoute.
Il y a sur ton ombre des chemins de quiétude.
Absolue.
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NADIA TUENI
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Oeuvre Zao Wou-Ki
dimanche 24 mai 2009
POEMES POUR UNE HISTOIRE....Extrait
(…)
O parfois tendre apocalypse telle que matin ou peur.
On ne refera plus la terre à consommer
tout de suite plaisir et le reste au milieu
de bouches séculaires et d’enfants barbelés
qui sèchent au soleil.
Multipliez la faim, apprivoisez les murs
et que dieu sur un arbre nous regarde passer.
Entre la mort et moi, il n’y a plus d’hiver
à la première pluie ont fondu les oiseaux.
J’ai comme la mémoire de ces guerres perdues
qui avaient une ampleur de secret et de froid.
Entre la mort et moi il n’y a plus d’absence
et j’entendrai longtemps
le bruit de sang paisible de l’après-désespoir.
Je ne rencontre plus personne
un bras de fille sur la branche bouge encore au vent d’en face.
La rivière et son chien dorment dans la parole.
A qui n’a plus qu’un œil errant dans le jardin
nous dirons des printemps de tendresse.
J’en appelle aux arbres et aux femmes
moi qui suis la septième année des roses
qui suis l’océan fratricide en lutte contre la mer
car entre les saisons il n’y a plus d’espace.
Aidez-moi à franchir les yeux
vous qui avez rompu le pain de l’avenir,
semblable aux continents dérive un souvenir
et persistent miroirs où l’on pose la bouche
pour y trouver la preuve de sa mobilité.
Quand donc va s’éveiller le brouillard des odeurs
et tous ces corps en mosaïque fidèles à leurs ossements ?
O tendre apocalypse
la plus dure rosée nous laboure l’échine
elle détruit au passage un corps.
Mille et mille rochers nous dérobent la vue
un seul aurait suffi de pourpre et de sueur
comme un ancien vaisseau.
Je violerai le sable jusque dans sa couleur
Pour que soit un enfant de ressemblance ;
C’est le monde de l’autre côté qui fermente
Et le si vieux soleil.
O nostalgique terre et ses chagrins
Là-bas la lune continue
Il fait un temps d’histoire à écrire
Un temps d’autrui et de mouche en colère
Avec une lampe perverse
Toute nue dans sa lumière.
(…)
Il y a des énigmes de plumes qui s’envolent
il y a chaque jour un matin qui se brise
et de nouveau fragile, la fabuleuse nuit
à peine,
alors, il y a des bûchers comme un lit que l’on aime,
cette mer agitée au fond d’un verre à vin,
quand je suis mort de vivre.
(…)
O tendre apocalypse de douceur éclatée
moi qui reviens d’exil
aurais-je mieux aimé ne pas savoir partir ?
Maintenant je connais la patience du rêve
je m’use et me désire à longueur de royaume
en refaisant les gestes de la crucifixion,
soulignant les déluges au crayon bleu d’orient.
Je n’ai changé que de nom
mais je réclame haut le droit d’être vivant
vieux de bien des croyances
j’ai des heures de pierre
ainsi le temps long de la joie.
Restent nous et les choses
et ces villes lacustres des premières phrases ;
dans la vase on peut lire :
utile comme un jardin ainsi soit la vie.
(…)
Qui dit mieux ?
Terre à prendre, à brandir comme une fête
soudain
mes bras te bercent comme seul un amour.
Je vois une jument qui dort dans un poème ;
la fille est un insecte mûr
avec des bruits de papillon occupé ;
je m’habille d’air et de jaune par temps de résurrection,
autour du cou je l’imagine fleurie
royale de démence ;
j’imagine que je détruis ce que j’imagine
et pourtant à ma droite une ancienne tristesse.
Le monde a perdu l’univers.
J’avais loin j’avis seul je rêvais de durée
d’avoir cru posséder la lumière rend l’ombre plus épaisse,
des yeux comme un vin neuf,
sur ma tête le ciel sans aucun avenir.
Ce paysage sortant de l’eau et qui s’arrête à chaque pas,
cet âge désorienté qui se tient immobile
en dépit d’une vieille histoire entre la peur et lui,
c’est moi.
Ne t’ai-je pas appris la boue dure comme une âme
toi qui voudrais pleurer d’enfance.
Ma vie n’a point d’excuse
surtout ne partez pas car les puits sont à sec
surtout ne partez pas…
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NADIA TUENI
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jeudi 19 mars 2009
PROMENADE
Montagne ô bête magnifique,
nos racines dans ta crinière,
quatre saisons bien algébriques,
un cèdre bleu pour l'inventaire.
Lisse et royale la mer sans âge,
le vent doux comme un sacrement,
Dieu a troqué ses équipages
contre les cimes du Liban.
Montagnes ô Montagnes,
laissez-moi vous aimer
comme ceux qui n'ont pas d'âge sûr;
comme on égrène un chapelet
de légendes et de murmures.
Laissez-moi vous aimer,
à genoux comme le paysan et sa terre.
Doucement la lune sur le soir de vos chevelures.
Laissez-moi vous bercer
dans les muscles du vent chaud.
Alors la vaste paix,
mobile comme un scherzo.
IL FUT UN LIBAN DES JARDINS,
COMME IL EST UNE SAISON DOUCE.
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NADIA TUENI
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OEUVRE DE KHALIL GIBRAN
lundi 22 septembre 2008
FEMMES DE MON PAYS
FEMMES DE MON PAYS
Femmes de mon pays,
une même lumière durcit vos corps,
une même ombre le repose;
doucement élégiaques en vos métamorphoses.
Une même souffrance gerce vos lèvres,
et vos yeux sont sertis par un unique orfèvre.
Vous,
qui rassurez la montagne,
qui faites croire à l'homme qu'il est homme,
à la cendre qu'elle est fertile,
au paysage qu'il est immuable.
Femmes de mon pays,
vous, qui dans le chaos retrouvez le durable.
* * *
HOMMES DE MON PAYS
Dans nos montagnes il y a des hommes,
ce sont des amis de la nuit;
leurs yeux brillent du noir des chèvres,
leurs gestes raides comme la pluie.
Ils ont pour maître l'olivier,
simple vieillard aux bras croisés.
Eux,
leurs mains sont de chardons,
leurs poitrines sanctuaires,
"le ciel tourne autour de leurs fronts,
comme un insecte lourd à la chaude saison".
Dans nos montagnes il y a des hommes,
qui ressemblent au tonnerre,
et savent que le monde est gros comme une pomme.
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NADIA TUENI
mardi 12 février 2008
NADIA TUENI...Extrait III
Je baisse la voix pour mieux entendre
hurler mon Pays; pour dire le mal
de n'avoir planté ni amour ni haine,
d'avoir mélangé les racines,
et pris pour montagne la mer.
Je baisse la voix pour aiguiser
les couteaux du tonnerre,
demander force à la tribu,
dormir entre ses omoplates de rochers.
J'habite le silence
pour mieux contrôler le pouls de la race,
dire que, s'il faut mourir,
c'est à cause d'une seule goutte de sang,
différente.
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NADIA TUENI
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NADIA TUENI...Extrait II
Ils sont morts à plusieurs
c'est-à-dire chacun seul
sur une même potence qu'on nomme territoire
leurs yeux d'argile ou cendres emportent la montagne
en otage de vie.
Alors la nuit
la nuit jusqu'au matin
puis de nouveau la mort
et leur souffle dernier dépose dans l'espace la fin du mot.
Quatre soleils montent la garde pour empêcher
le temps d'inventer une histoire.
Ils sont morts à plusieurs
sans se toucher
sans fleur à l'oreille
sans faire exprès
une voix tombe: c'est le bruit du jour sur le pavé.
Crois-tu que la terre s'habitue à tourner ?
Pour plus de précision ils sont morts à plusieurs
par besoin de mourir
comme on ferme une porte lorsque le vent se lève
ou que la mer nous rentre par la bouche ...
Alors
ils sont bien morts ensemble
c'est-à-dire seul comme ils avaient vécus
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NADIA TUENI
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NADIA TUENI...Extrait I
O que la vérité est menteuse,
car l'infini de l'eau est démenti par le sable.
Tout n'est si beau que parce que tout va mourir,
dans un instant ...
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NADIA TUENI
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samedi 9 février 2008
J'AI RETENU LA VIE
Pour que dure l'instant sous le poids des mémoires
j'ai retenu la nuit
plus doucement qu'une main de femme
plus longuement sans oublier
contre des murs vivants
sur un étroit chemin utile comme un arbre
Pour que le don de Mort recouvre les eaux sûres
J'ai retenu la mer
loin des cathédrales dont elle se glorifie
loin de ces araignées qui tissent encore des vagues pour attirer la plage
et des rochers tordus où s'en ira la vie
j'ai retenu la vie
j'ai retenu la mer
Pour que reste le cri des oiseaux de l'orage
ceux qui n'ont plus rien dit depuis la grande attente
ceux qui prient chaque fois pour les morts en puissance
et détiennent la tour d'où soufflent tous les vents
j'ai retenu la mer
la nuit est moins féroce
qui permet au soleil
un temps de revenir.
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NADIA TUENI
(juin et les mécréants,1968)
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PROLOGUE
C'est déjà l'orient,
où le blanc domine,
où le jaune l'ocre et le rose,
ont élu royale domicile,
où l'arbre est unique,
la folie solitaire,
où l'homme repense la pensée...
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NADIA TUENI













