jeudi 16 janvier 2020

NADIA TUENI...Extraits

Et mes yeux sont un port d'ou partent les naviresdont on dit qu'ils sont beauxcomme un enfant qui pleuredans la nuit des miroirs. ... La mer se cache dans ses eauxLe vent est un fardeau de prince, mais la lampe et la nuit s'en vont en chuchotant, écoutent la respiration des mémoires. ... O que la vérité est menteuse,car l'infini de l'eau est démenti par le sable.Tout n'est si beau que parce que tout va mourir,dans un instant...   ... Je ne préfère rien aux vérités de l’eau, aux coups de vent chargés des embruns de la... [Lire la suite]
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jeudi 16 janvier 2020

NADIA TUENI ...Extrait

Se souvenir - d'un village escarpé, posé comme une larme au bord d'une paupière; on y rencontre un grenadier, et des fleurs plus sonores qu'un clavier. Se souvenir - de la vigne sous le figuier, des chênes gercés que Septembre abreuve, des fontaines et des muletiers, du soleil dissous dans les eaux du fleuve. Se souvenir - du basilic et du pommier, du sirop de mûres et des amandiers. Alors chaque fille était hirondelle, (…) Se souvenir - de l'ermite et du chevrier, des sentiers qui mènent au bout du nuage, (…) Se... [Lire la suite]
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jeudi 16 janvier 2020

LA TERRE ARRETEE...Extrait

Peut-êtreChaque geste est coupable de briser une enfance.L'enfant livre de sable avec bâtonnets noirs comme chat pour servir de repère. Une horloge du temps qui s'habille est amour. Longs petits moines avec des poings ronds et utiles, avec des cernes autour de tes yeux vides. Tu penses en couleur au portrait d'un oiseau, à la fleur qui se vide.Le ciel au bout du jardin tendu vers toi.Viens le chercher.Enfant, tu retiens la genèse.Le cordon qui relie l'enfant à la matière inépuisée n'est pas vraiment tranché.La magie vient tout... [Lire la suite]
jeudi 16 janvier 2020

JARDINIER DE MA MEMOIRE...Extrait

Ils sont morts à plusieursC'est-à-dire chacun seulsur une même potence qu'on nomme territoireleurs yeux argiles ou cendres emportent la montagneen otage de vie.Alors la nuitla nuit jusqu'au matinpuis de nouveau la mortet leur souffle dernier dépose dans l'espace la fin du mot.Quatre soleils montent la garde pour empêcherle temps d'inventer une histoire.Ils sont morts à plusieurssans se touchersans fleur à l'oreillesans faire exprèsune voix tombe: c'est le bruit du jour sur le pavé.Crois-tu que la terre s'habitue à tourner?Pour plus de... [Lire la suite]
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jeudi 16 janvier 2020

JUIN ET LES MECREANTES ...Extrait II

J'ai retenu la viePour que dure l'instant sous le poids des mémoiresj'ai retenu la nuitplus doucement qu'une main de femmeplus longuement sans oubliercontre des murs vivantssur un étroit chemin utile comme un arbrePour que le don de Mort recouvre les eaux sûresJ’ai retenu la merloin des cathédrales dont elle se glorifieloin de ces araignées qui tissent encore des vagues pour attirer la plageet des rochers tordus où s’en ira la viej'ai retenu la viej'ai retenu la merPour que reste le cri des oiseaux de l'orageceux qui n'ont plus rien... [Lire la suite]
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jeudi 16 janvier 2020

JUIN ET LES MECREANTES...Extrait

N'importe où un homme est mortd'avoir ramassé une étoiled'avoir respiré une poussière de musiqued'avoir marqué la terre de rireslâché bêtes fleuries aux entrées de la ville N'importe oùsous la joue gauche du mondedans tes yeux qui découpent le cielen prièresen figures de dansesen cercles bleuis par amour N'importe oùsous la voix qui répète le tempsdans l'épaisse folie d'un visage qui brûled'avoir ôté le masque du soleilenvahi par les autres N'importe où un homme est mortd'avoir glissé sur la lumière     .   ... [Lire la suite]
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vendredi 17 février 2017

EN MONTAGNE LIBANAISE

Se souvenir – du bruit du clair de lune, lorsque la nuit d’été se cogne à la montagne, et que traîne le vent, dans la bouche rocheuse des Monts Liban. Se souvenir – d’un village escarpé, posé comme une larme au bord d’une paupière ; on y rencontre un grenadier, et des fleurs plus sonores qu’un clavier. Se souvenir – de la vigne sous le figuier, des chênes gercés que Septembre abreuve, des fontaines et des muletiers, du soleil dissous dans les eaux du fleuve. Se souvenir – du basilic et du pommier, du sirop de mûres et des... [Lire la suite]
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samedi 3 novembre 2012

NADIA TUENI

Je vous salue,vous qui êtes, dans la simplicité d'une racine,avec la nuit pour chien de garde.Vos bruits ont la splendeur des mots,et la fierté des cataclysmes. Je vous connais,vous qui êtes, hospitaliers comme mémoire;vous portez le deuil des vivants,car l'envers du temps, c'est le temps. Je vous épèle,vous qui êtes, aussi unique que le Cantique.Un grand froid vous habille,et le ciel à portée de branche. Je vous défie,vous qui hurlez sur la montagneusant les syllabes jusqu'au sang,Aujourd'hui c'est demain d'hier,sur... [Lire la suite]
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dimanche 9 septembre 2012

OEUVRES POETIQUES COMPLETES...Extrait

Tu as sali la mer par tendresse, Etranger, mais tu ne savais pas qu’elle est espace vide, qu’elle est tout ce qui reste du chemin nécessaire à la respiration des bibles, au pacte entre nous et nous, à la mort fertile et qui devient jardin de sommeil et d’eau pour délivrer les races, nécessaire au sens de chaque pierre dont je suis la neige royale, pour que la terre apprenne à vivre avec son double, ne plus connaître absence. Etranger, le sable est langage du... [Lire la suite]
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vendredi 7 septembre 2012

LA TERRE ARRÊTEE...Extrait

Cette fleur qui multiplie les évidencesemprunte à l'eau son nomà la mer son corps lent;le temps rejettera des mots sur le rivageet le silence des décombresbien plus beau qu'un enfant qui meurt Il y a je le sais cette fleur et la terretes yeux comme une phrase d'où partent les naviresla mémoire s'endort dans les greniers liquidescar cette fleur et le poèteont une même histoire de violente écriturepreuve que la pensée n'est pas ce que l'on ditmais sur la plaine un exact incendie . NADIA... [Lire la suite]
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