jeudi 12 avril 2018

LE PASSEUR DE SILENCE...Extrait

... Quand un enfant blessé se prend pour un navireet regarde la mer de son lit de poussièrequand le filin des jours vous glisse entre les doigtsquand le vent tient ouverts même les yeux des mortsquand les pierres se détachent de nos années perduesquand la douleur ressemble à quelqu’un qui approchealors on aimerait bien pour mourir l’un à l’autretrouver une maison où l’on oserait vieillir   .   TRISTAN CABRAL     . Oeuvre Claude Monet
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lundi 9 avril 2018

ESQUISSE D'UNE PHENOMOLOGIE DE LA SOLITUDE...Extrait

Comment ne pas sentir (...) que cette intimité qui me protège et me définit est un obstacle définitif à toute communication ? Tout à l'heure, perdu au milieu des autres, j'existais à peine. J'ai maintenant découvert la joie de me sentir vivre, mais je suis seul à la goûter. Mon âme est bien à moi, mais j'y suis enfermé (...) Les autres ne peuvent violer ma conscience, mais je ne puis leur en ouvrir l'accès, même lorsque je le souhaite le plus vivement. Mes gestes et mes paroles sont des signes sans contrepartie. Ils peuvent seulement... [Lire la suite]
vendredi 6 avril 2018

L'AMER NOUS GUIDE...

Je suis né d’une erreur du vent et de la mer c’est pourquoi j’ai vécu au rythme des marées entre les hommes et dieu je n’ai pas pu choisir poisson-lune égaré sur un trottoir vitreux je n’ai fait que passer sans pouvoir respirerun enfant replié s’est pris dans ma mémoire qui m’empêche d’atteindre au pays d’où je viens quand trouverai-je enfin de quoi crever mes yeux sur le plancher glissant d’une barque fantômesi je viens à mourir qu’on me jette à la mer dans l’aube bleue des sables je trouverai... [Lire la suite]
vendredi 6 avril 2018

JEAN LAVOUE...Extrait

Le livre que j’ouvre à présent Est celui de l’arbre et du vent,Des saisons et du ciel infini,Des moissons du silenceDont toutes mes racines ont soif. Si je marche en claudiquant Sans me hâter vers la ligne des grèvesCe n’est pas pour comprendreMais pour laisser aller : Creuser mon ignoranceNe m’est plus nécessaire. Portées par l’aile de l’instant Des pages détachées volent dans ma mémoire ;Je me fie à leur errance.Aucun traité ne me donnera plus le goûtDe ces paraboles incendiées. Des visages me... [Lire la suite]
samedi 31 mars 2018

LA VOIE NOMADE

  O rompre les amarres Partir partir Je ne suis pas de ceux qui restent La maison le jardin tant aimés Ne sont jamais derrière mais devant Dans la splendide brume Inconnue Est-ce la terre qui s'éloigne Ou l'horizon qui se rapproche On ne saurait jamais dans ces grandes distances Tenir la mesure De ce qu'on perd ou ce qu'on gagne Pour aller jusqu'au bout du temps Quelles chaussures quelles sandales d'air Non rien O tendre jour qu'un mince fil d'été Autour de la cheville Mais le cercle d'argent Au poignet... [Lire la suite]
jeudi 29 mars 2018

POURQUOI LES BÊTES MEURENT-ELLES ?

Pourquoi les bêtes meurent-elles comme les enfants ? Pourquoi mourons-nous en elles ? Est-ce par la loi d’un dieu, sous le poids de son pas sur les choses ? Pourquoi ne distinguons-nous pas les mots ? Pourquoi cette pitié ou cette loi ne sauvent-elles pas ? Pourquoi mourons-nous dans les fleurs dans la lumière du jour nécessaire ? C’est ainsi que je sors dans la lumière pour me soustraire aux ombres où j’écris. tels seront la reddition, le temps : la destruction de tout style la lumière frontale qui nous brûlera tous. ... [Lire la suite]
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dimanche 25 mars 2018

AURORE INHUMABLE

Parfois grâce plus lente un pan de vie soufferte est là tremblant que tu ne rejoins plus. Dans ce relâchement du ciel désert le temps désespérant et pur explose à travers feux et pierres. Une mélancolie travaille en pourrissement le silence à l’aurore inhumable. Et toi ma très proche pensée de blancheur en ton parfum de lait durci au jour d’été poudre de chaux coquille concassée dans cette gorge quelle fatigue de quel amour m’es-tu ? Rien que seul et me taisant me dis-je Dieu jamais ne me retrouvera. Plus de terribles ferveurs et... [Lire la suite]
mercredi 21 mars 2018

BRUNO RUIZ...Extrait

Un jour, il y a bien longtemps, je suis sorti de moi, de ce grand pays du silence. J’ai pris la route des mots pour embrasser l’univers avec vous, pour étreindre vos paysages, renverser des barrières, ouvrir des vannes, fleurir des jardins, crier l’inutile. Jamais je n’aurais cru semblable lumière dans vos yeux, tant de secrets dans vos enfances, de fleuves aux poèmes, d’espérance à vos genoux qui ne fléchissaient pas. Je m’approchais de vos îles sans vraiment les atteindre et je me nourrissais de vos viandes dans les poitrines du... [Lire la suite]
samedi 10 mars 2018

LES MASQUES

Merci Marie-paule et Raymond Farina   Au théâtre, au milieu du jour, des toiles sont tendues, et beaucoup de comédiens entrent sur la scène, jouant un rôle, ayant des masques sur le visage, récitant la fable antique et racontant les événements d'autrefois. Celui-ci joue le rôle de philosophe quoiqu'il ne soit pas philosophe; celui-là joue le rôle de roi quoiqu'il ne soit pas roi, mais il en a le costume pendant la représentation. Cet autre joue le rôle de médecin, quoiqu'il ne soit pas même un ouvrier habile à travailler le... [Lire la suite]
Posté par emmila à 16:44 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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dimanche 4 mars 2018

DANS L’OBSCURITÉ ÉBLOUISSANTE...Extrait

Nuit Dans l’obscurité éblouissante mon visage est un charbon en fleurs dans la blessure de la mémoire et ma mémoire est faite des villes qui meurent effacées par le déversement du temps dans un autre temps Dans l’obscurité éblouissante ma main droite est un pont formé des têtes de mes amis et ma main gauche de forêts de bras coupés qui continuent à réclamer la paix dans l’obscurité éblouissante Mon dernier souffle comme la chute de l’argent sur les villes de cendres endormies brûlant de Rome à la Palestine d’Hitler à... [Lire la suite]