samedi 3 mars 2018

ASPHODELE...Extrait

Il est difficilede se tenir au courant par les poèmespourtant des hommes meurent misérablement chaque jourpar manquede ce qu’on y trouve.   .   WILLIAM CARLOS WILLIAMS 1883-1963    .     Paglia Orba, Corse      

samedi 3 mars 2018

EPITOLA POSTHUMUS...Extrait

Tu subtilises le cœur de ce tyran amoureux Voilà pourquoi sa passion reste prodigue de tant d'égards dans ses cruelles manipulations Voilà pourquoi elle n'ose pas te mutiler ni te déchiqueter t'écrabouiller ni te pulvériser préférant pour toi une douce mort une sorte d'insensible euthanasie   Une stupeur à l'instant qui te ravit à l'air Une brume d'éther qui efface le monde Un étouffement progressif Un dernier sursaut d'ailes   D'une chirurgie d'amateur tu sortiras épinglé sur le blanc Tu seras... [Lire la suite]
lundi 26 février 2018

LETTRE A LA GHOUTA

Il y a eu une révolution en Syrie, c’est cette évidence que toute la géopolitique de comptoir, que tout l’immonde conspirationnisme de clavier, dénient depuis maintenant des années. Cette lâcheté de bistrot qui se répand sans mal du sommet de l’État jusqu’au coeur d’une certaine extrême gauche, elle ne sera pas oubliée pas plus que la dignité des habitants de la Ghouta insurgée   .   Chère Ghouta,     C’est le cœur empli de honte que je t’écris. La honte de faire partie de deux communautés qui, lâches ou... [Lire la suite]
lundi 26 février 2018

NOUS AVONS PERDU NOTRE ACCASTILLAGE D'HUMANITÉ

Nous avons perdu notre accastillaged’humaniténotre âme cassée en morceauxpar nos propres poingsnous n’avons plus de mains tenduesvers les populations civiles ciblées par des barils de clouspar des déversements de chlore nous les abandonnons Syriens vos enfants dans des couveusesn’ont pas le temps de commencer à vivreque déjà la mort guerrière les décimeimpossible de sortir de l’hôpitalvisé par des bombes incendiaireset les médecins à l’humanité sans frontièresgisent sur le sol avec leurs bistouris leurs forcepsleurs peu... [Lire la suite]
jeudi 1 février 2018

LA PETITE FILLE

  C’est moi qui frappe aux portes,Aux portes, l’une après l’autre.Je suis invisible à vos yeux.Les morts sont invisibles. Morte à HiroshimaIl y a plus de dix ans,Je suis une petite fille de sept ans.Les enfants morts ne grandissent pas. Mes cheveux tout d’abord ont pris feu,Mes yeux ont brûlé, se sont calcinés.Soudain je fus réduite en une poignée de cendres,Mes cendres se sont éparpillées au vent. Pour ce qui est de moi,Je ne vous demande rien :Il ne saurait manger, même des bonbons,L’enfant qui comme du papier a brûlé. ... [Lire la suite]
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mardi 30 janvier 2018

SONNETS DE L'AMOUR OBSCUR...Extrait

 Je veux pleurer ma peine et te le dire pour que tu m'aimes et pour que tu me pleurespar un long crépuscule de rossignolsoù poignard et baisers pour toi délirent. Je veux tuer le seul témoin, l'unique,qui a pu voir assassiner mes fleurs,et transformer ma plainte et mes sueursen éternel monceau de durs épis. Fais que jamais ne s'achève la tressedu je t'aime tu m'aimes toujours ardentede jours, de cris, de sel, de lune ancienne, car tes refus rendus à mes silencesse perdront tous dans la mort qui ne laissepas même une ombre à... [Lire la suite]

mardi 30 janvier 2018

LES MOYENS D'EXISTENCE, ANTHOLOGIE...Extrait

Il faudrait être encore plus simple,Si simple que l'on puisse entrerDans la simplicité du vent,Du soleil poussiéreuxDu linge qui pantèle sur la corde sans se plaindre.Il n'y a pas de désespoir dans le monde,Ni d'espoir.Il n'y a que la simplicité du vent,Du soleil,Du linge,De la corde ;Il n'y a que la simplicité de l'eau,Ses vergetures d'accouchée;Il n'y a que l'eau,Le caillou,Le simple nécessité de brûler et de mourir.Il faudrait pouvoir entrer sans frémirDans les chosesComme les choses,Entrent dans les choses.   .   ... [Lire la suite]
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mardi 30 janvier 2018

CELLE DES YEUX OUVERTS

la vie joue dans le jardin avec l'être que je ne fus jamaiset je suis làdanse penséesur la corde de mon sourireet tous disent ça s'est passé et se passeça va passerça va passermon cœurouvre la fenêtrevieje suis làma viemon sang seul et transipercute contre le mondemais je veux me savoir vivantemais je ne veux pas parlerde la mortni de ses mains étranges.     .     ALEJANDRA PIZARNIK     .      
vendredi 26 janvier 2018

LE CONTRE-CIEL - CLAVICULES D'UN GRAND JEU POETIQUE...Extrait

... Poètes, vous êtes, nous sommes honteux - ou trop fiers - de nos corps blanchis, civilisés, trop bien élevés. Sans quoi vous bondiriez, nous bondirions dans la ronde, hurlant notre stupeur de vivre, ici, sur ce boulevard, nous recommencerions le signe de la folie tournante, la vieille Danse, le premier et le plus pur poème. Toujours tourne la ronde sauvage en couronne dans la mémoire de nos têtes; toujours tourne le plus poignant des souvenirs de l'immémorable enfance, tourne le chant dans notre tête, et notre piétinement... [Lire la suite]
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lundi 15 janvier 2018

DANS L'OBSCURITE EBLOUISSANTE...Extrait

Nuit Dans l’obscurité éblouissante mon visage est un charbon en fleurs dans la blessure de la mémoire et ma mémoire est faite des villes qui meurent effacées par le déversement du temps dans un autre temps Dans l’obscurité éblouissante ma main droite est un pont formé des têtes de mes amis et ma main gauche de forêts de bras coupés qui continuent à réclamer la paix dans l’obscurité éblouissante Mon dernier souffle comme la chute de l’argent sur les villes de cendres endormies brûlant de Rome à la Palestine d’Hitler à... [Lire la suite]
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