mercredi 20 juillet 2016

ON SAIT L'AUTRE...

  "On meurt : on meurt, on est à terre. On écoute les poètes, on écoute leur voix, le temps qui passe par leur souffle, venus de tous pays, marchant vers nulle part, on entend le murmure du monde, la mémoire de l'oubli, un long chant lancinant, et qui s'élève : et nous rehausse. Ils sont tous là, assis par terre, le dos au mur, à faire un feu avec la vie. Ils sont là, tous, à faire des flammes avec leurs mains, mettre des braises avec leur bouche, et nous réchauffer le... [Lire la suite]
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lundi 18 juillet 2016

LETTRE OUVERTE A FRANCOIS HOLLANDE D'UNE INFIRMIERE NICOISE

Cher Monsieur le Président de la République Française,   Je suis une jeune femme née à Nice en 1988 et je vis dans cette magnifique région depuis lors. C'est une jolie ville Nice, nos loyers sont indécents, nos salaires pas bien gros mais qu'est-ce qu'on vit bien ici. On a la mer et la montagne, la pissaladière, la socca, les apéros qui commencent à 11h le matin. On sait vivre à Nice, on est heureux. Je suis infirmière de profession mais aujourd'hui je ne suis plus heureuse, je suis atterrée. En fait, aujourd'hui, je suis... [Lire la suite]
samedi 16 juillet 2016

QUE TU ES IMPATIENTE

La mort est passée ce soir-là Pour prendre un gosse de quinze ans Pour le serrer dans ses grands bras Et l’étouffer avec sa robe de jacinthes La mort a couché ce soir-là Dans un lit d’une belle fille Pour une étreinte d’une fois Et n’a laissé que cendre froide et sans parfum Que tu es impatiente, la mort On fait le chemin au devant de toi Il suffisait d’attendre Que tu es impatiente, la mort La partie perdue, tu le sais déjà Tout recommencera Le soleil sur l’eau Tu n’y peux rien L’ombre d’une fleur Tu n’y peux rien La joie dans... [Lire la suite]
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jeudi 14 juillet 2016

LE MAÎTRE DES NAUFRAGES

Je ne suis qu’une disparition au milieu de ces océans évaporés : pas un oiseau dans le ciel ! Pas un cavalier en ronde ! Ni l’ombre d’un seul tambourineur qui devancerait une armée de mendiants et laverait dans un bac de sable un poème désabusé. D’autres villes me résorberont que j’appellerai désert. Des villes inaccessibles pour qui veut comparer des civilisations grandies dans le complot et la guerre, où l’amour ne chasse pas la haine, où la haine n’explique jamais les maladies du corps et de l’esprit. Des villes sans arc de... [Lire la suite]
mercredi 13 juillet 2016

LES PLAISIRS INTERDITS...Extrait

Si pour certains, la vie, c'est marcher les pieds nus sur des éclats de verre ; pour les autres, la vie, c'est regarder le soleil en face.    La plage compte les jours et les heures pour chaque enfant qui meurt. Une fleur s'ouvre, une tour s'effondre.    Rien n'a changé. J'ai tendu le bras, pas de pluie. Marché sur du verre, pas de soleil. Regardé la lune, pas de plage.    Qu'importe. Ton destin, c'est de voir des tours que l'on élève, des boutons de fleur, des enfants qui meurent; à... [Lire la suite]
mardi 12 juillet 2016

STABAT MATER FURIOSA...Extrait

... Ma prière voilà comment commence ma prière j’aime que le matin blanc pèse à la vitre   et l’on tue ici j’aime qu’un enfant courant dans l’herbe haute vienne à cogner sa joue à mes paumes et l’on tue ici j’aime qu’un homme se plaise à mes seins et que sa poitrine soit un bateau qui porte dans la nuit et l’on tue ici j’aime qu’on bavarde à la porte du boulanger quand il n’y a d’autre souci que le bleu du ciel étendu sous la théorie des nuages et l’on tue ici j’aime qu’à quelques-uns on s’ennuie paisiblement à observer... [Lire la suite]
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mardi 5 juillet 2016

EUGENIO MONTALE

Apporte-moi le tournesol, que je le transplanteDans mon terrain brûlé par l'air salin ;Et qu'il montre tout le jour aux miroirs bleusDu ciel l'anxiété de son visage jaune pâle.Les choses obscures tendent à la clarté,Les corps s'épuisent en fluxDe teintes : elles en musique. S'effacerest donc le destin suprême.Apporte-moi la plante qui nous mèneLà où surgissent de blondes transparencesEt s'évapore la vie telle une essence ;Apporte-moi le tournesol affolé de lumière.   .   EUGENIO MONTALE   . Oeuvre Anita... [Lire la suite]
lundi 20 juin 2016

CHAOS

Il n'y a personne pour nous dans le monde tant l’incandescence emporte tout passage ardent, amour fervent, j’ai cru à la rédemption des sillons de feu du poème j’ai cru à la tourmente des ailes de papillon dans la lumière j’ai cru à la nostalgie de l’enfant du vieil homme et la mer s’est levée la tempête, le bateau de l’amour s’est heurté au réel des torches brûlantes ont incendié les habitudes et nul n’a su dompter les mots de l’horreur Pour vous les brulées vives D’avoir résisté au viol Pour vous les égorgés, D’avoir osé votre... [Lire la suite]
jeudi 16 juin 2016

CE QUI SE MEURT PARLE PLUS FORT

" L’abandon se cambre de lui-même. Il nous offre sa face tactile et nous sommes rongés d’une corrida de gestes immobiles. Tout ce qui rompt avec la possession et le sentiment d’appartenance nous dépite. C’est la grande cascade de la mort qui ne se voit pas. L’engagement se débride et nous sommes contraints de nous en retourner seuls tout au fond de nos âmes. L’estocade trempe sa lame dans la nuit d’encre et t’écrire devient un râle, un entre-deux dans le creux de la fracture que je remplis de mots. Tu vois, il nous faut remplir, puis... [Lire la suite]
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jeudi 16 juin 2016

HONTE A LA CHIOURME AGRICOLE ! HONTE A NOUS !

Que reste-t-il de la consécration de la nourriture et de son partage dont le cérémonial a marqué l’histoire de toutes les civilisations ? Le sacre du lieu. Le sacre du feu. Le sacre du mangé et du bu (âme de toute religion). Que reste-t-il du sacrifice de l’animal que l’on tue cérémonieusement avec l’autorisation des dieux… puis de Dieu ? Quelques religions exsangues en gardent encore les traces encombrantes et archaïques dans ce monde du vite-mangé, du vite-bu, du vite-baisé, du vite-vécu. Cette nourriture vidée du... [Lire la suite]