lundi 6 juin 2016

LETTRE DE GABRIEL- GARCIA MARQUEZ

" Si pour un instant D-ieu oubliait que je suis une marionnette de chiffon et m’offrait un morceau de vie, je profiterais de ce temps du mieux que je pourrais. Sans doute je ne dirais pas tout ce que je pense, mais je penserais tout ce que je dirais. Je donnerais du prix aux choses, non pour ce qu’elles valent, mais pour ce qu’elles représentent. Je dormirais peu, je rêverais plus, sachant qu’en fermant les yeux, à chaque minute nous perdons 60 secondes de lumière. Je marcherais quand les autres s’arrêteraient, je me réveillerais... [Lire la suite]
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mercredi 1 juin 2016

JULES SUPERVIELLE...Extrait

Saisir quand tout me quitte,Et avec quelles mainsSaisir cette pensée,Et avec quelles mainsSaisir enfin le jourPar la peau de son cou,Le tenir remuantComme un lièvre vivant ?Viens, sommeil, aide-moi,Tu saisiras pour moiCe que je n’ai pu prendreSommeil aux mains plus grandes. .   JULES SUPERVIELLE   .   Oeuvre Tchoba http://www.tchoba.com  
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dimanche 29 mai 2016

AU DERNIER SOIR SUR CETTE TERRE...Extrait

J'ai derrière le ciel un ciel pour revenir, maisJe continue à polir le métal de ce lieu, et je visUne heure qui discerne l'invisible. Je sais quele tempsNe sera pas par deux fois mon allié, et je saisque je sortirai de ma bannière, oiseau qui ne se pose sur nul arbreJe sortirai de toute ma peau, et quelques mots sortirontde ma langue sur l'amour chez LorcaQui habitera ma chambreEt verra ce que j'ai vu de la lune bédouine. Je sortirai des amandiers, duvet sur l'écume de la mer. L'étranger est passéPortant sept siècles de... [Lire la suite]
samedi 28 mai 2016

SOLEIL ALGONQUIN...Extrait

La terre, quand nous la quitterons, ne sera plus qu'une poubelle pourrie, survolée d'engins, de poutrellesOn aura goudronné les mers, délité les plateauxBrûlé le ventJe la vois devant moi, présent ! Passer au passé des planètesNos os y resteront collés, sans commémorations, ni thrènesNous en avions pourtant respect, comme de tout moment vivant —Elle, dont nous faisions partie, cependant qu'Elle était en nous —Aussi gérions-nous nos forêts en hommes nés de leurs clairières (et jamais nous n'exigions plus que correspondant aux... [Lire la suite]
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vendredi 27 mai 2016

TAHAR DJAOUT

« Je suis le déterreur de l’histoire insoumise et de ses squelettes irascibles enfouis dans vos temples dévastateurs. Je ne cautionnerais jamais vos cieux incléments et rétrécis ou l’anathème tient lieu de credo. Je ne cautionnerais jamais la peur mitonnée par vos prêtres-bandits des grands chemins qui ont usurpé les auréoles d’anges. Je me tiendrais hors de portée de votre bénédiction qui tue, vous pour qui l’horizon est une porte clouée, vous dont les regards éteignent les foyers d’espoir, transforment chaque arbre en cercueil. » ... [Lire la suite]
jeudi 26 mai 2016

L'HIRONDELLE - Un extrait de ton chant, sommairement traduit...

Survoler les pays pour effacer les guerres,partir, non juste vers la paix, mais vers la vie,être partout sœur absolue de la colombe,jamais un épervier pour les autres oiseaux.Humains qui me lorgnez avec cette constanceà ceux que l’on respecte et aime réservée,je suis perplexe en observant votre mélangede goût du vivant et de plaisir à tuer.Je tournoie sur vos fronts à quelques hauteurs d’homme,partout je me rapproche de vous et vous crains,goûte la belle part de vous que j’affectionnemais évite de m’abîmer dans vos brisants.Je niche... [Lire la suite]

mardi 24 mai 2016

AMINA SAÏD...Extrait

Tous les présages sont faux ni les traces des oiseaux ni la direction de leur vol ne traduiront jamais la pensée des dieux et sur l'autel de leur propre démesure de longs couteaux de silence sacrifient nos passions croyant partager le pain du monde c'est ton corps que tu rompais il s'en écoulait un peu de cendre dont jalonner les sentiers orphelins  la vie est un voyage avec une mort à chaque escale .   AMINA SAÏD   .   Photographie Phil Mc Kay      
mercredi 11 mai 2016

REQUÊTE EN PARDON A L'HOMME NOIR

J’ai vu le gueux manger la terre quand la graine tombait du ciel jetée là par de monstrueux avions venus d’occident la graine jetée aux chiens noirs était blanche et blême l’enfant piétiné j’ai entendu sous un soleil atroce le corps des pauvres claquer au vent et claquer des dents au gré des blancs claquer comme un étendard famélique percé de trous j’ai vu trop souvent ce geste terrible des doigts joints portés aux lèvres pour signifier la faim mais jamais je n’ai vu non au grand jamais ni entendu ventre repu claquer au vent ni... [Lire la suite]
mardi 10 mai 2016

ETTY HILLESUM

Il faut oublier des mots comme Dieu,la Mort, la Souffrance, l'Eternité.Il faut devenir aussi simpleet aussi muetque le blé qui pousseou que la pluie qui tombe.Il faut se contenter d'être. .   ETTY HILLESUM   .  
jeudi 28 avril 2016

MALGRE LES ÂPRES TRAVERSEES...

Malgré les âpres traversées de la nuit organique lors de la mort de nos chevaux fous nos amours à l’encan et nos corps disgraciés nous aurions pu errer muets et las balayant incertains le bitume des villes de nos ombres inachevées Pourtant chaque matin nous enlaçons l’air frais Nous posons notre joue sur le souple oreiller du vent et c’est notre manne Chaque goutte de pluie est désir sur nos mains tendues Chaque trouée est route ronde ouverte Chaque maison est ruche et les fruits sur nos lèvres sont les plus mûrs Nos épaves... [Lire la suite]