lundi 19 octobre 2015

TESTAMENT

La poésie doit dire quelque chose. Dire quoi ? Le malheur cueilli par Dieu dès l’enfance ? Le voile blanc d’une aube désertant la mémoire ? Une silhouette rivale et une ombre muette ? L’expérience de la compassion, autre énigme de la bonté ? Que me veut la poésie ? Me racheter ? Rencontrer Dieu chez mes ennemis Paradoxe…Dieu est l’ennemi. Absent, laid, haineux, Dieu est la foudre de l’âme Il la traverse de haut en bas comme les longs arbres Dont les racines s’immergent dans les marais Dans la voix du poème, Le vers sortent... [Lire la suite]

lundi 19 octobre 2015

VIVRE A LA HACHE XCVI

En dernier lieu en dernière instance quand les bouchers rigolards égorgent à 100 contre un et foutent le tout à la broyeuse une vieille, très vieille histoire de visages et de crânes refait surface Une histoire brève et même un tantinet brutale dont la concision donne vraiment pour une fois À RÊVER Au hachoir industriel à l’abattoir consacré du loup parmi les hommes, à une certaine profondeur plus basse que les nécropoles putains un morceau dur enraye les tranchoirs Subitement, ça ne passe plus Il y a "un os" comme on dit Mais on a... [Lire la suite]
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dimanche 18 octobre 2015

L'ART D'ECRIRE

Tu exprimes le manque, l’incertitude, l’abandon peut-être Le gouffre où tu te débats Tu affectionnes un style et cherches le ton qui te ferait exister tu es là dans l’immensité, le bleu et la voix la voix se heurte au bleu et l’horizon renvoie un écho ne cherche pas l’écho l’écho est l’exil du même rapproche-toi de la sérénité, les puissants battants du songe ailes ouvertes répétant à l’infini le geste heureux d’aller vers l’autre et tu découvres la précarité de l’être, ou le refus ou le silence ou la mort Tu crées en... [Lire la suite]
jeudi 8 octobre 2015

EEVA-LIISA MANNER

De ma vie je fais un poème, du poème une vie, Le poème est la manière de vivre, et l’unique manière de mourir, indifféremment, d’une extatique : glisser dans l’infini, flotter au fil de Dieu léger instant d’élection. Au fil des yeux glacés de Dieu qui ne pleurent pas, ne veillent pas, ne formulent pas d’opinions qui regardent sans se fixer, et en approuvant tout, pratiquent l’ordonnancement et les instants précis, protègent le scorpion, le serpent, la seiche (détestés par les humains, qui mêlent ces formes à leurs passions) ; ... [Lire la suite]
dimanche 27 septembre 2015

REFLUX

Quand le sourire éclatant des façades déchire le décor fragile du matin ; quand l'horizon est encore plein du sommeil qui s'attarde, les rêves murmurant dans les ruisseaux des haies ; quand la nuit rassemble ses haillons pendus aux basses branches, je sors, je me prépare, je suis plus pâle et plus tremblant que cette page où aucun mot du sort n'était encore inscrit. Toute la distance de vous à moi - de la vie qui tressaille à la surface de la main au sourire mortel de l'amour sur sa fin - chancelle, déchirée. La... [Lire la suite]
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lundi 21 septembre 2015

LE CORPS UTOPIQUE - LES HETEROPIES...Extrait

Peut-être faudrait-il dire aussi que faire l'amour, c'est sentir son corps se refermer sur soi, c'est enfin exister hors de toute utopie, avec toute sa densité, entre les mains de l'autre. Sous les doigts de l'autre qui vous parcourent, toutes les parts invisibles de votre corps se mettent à exister, contre les lèvres de l'autre les vôtres se mettent à exister, contre les lèvres de l'autre les vôtres deviennent sensibles, devant ses yeux mis-clos votre visage acquiert une certitude, il y a un regard enfin pour voir vos paupières... [Lire la suite]
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mardi 15 septembre 2015

EROS, L'ANGE GARDIEN DE LA VIE

La vie demeure un mystère. Des nos jours, la science l’approche uniquement par ses manifestations et selon les conditions dans lesquelles elle se manifeste. L’homme est le seul à subjectiver la joie par laquelle toute vie se révèle. La vie en elle-même ne nous intéresse pas, mais son éprouvé. L’évidence de la vie est le contraire du vide caractérisé par la sensation d’être mort. Dans une perspective psychanalytique, la vie est affectivité, sentiment de réplétion subjective. La vie commence avec le pouvoir d’être affecté et devient... [Lire la suite]
vendredi 4 septembre 2015

JE SUIS UN HOMME...

J'ai froid...De ce froid qui rabougrit, mène à se mettre en boule, à cacher toutes ses blessures. En demeurant aux aguets pour bondir et défendre ce qu'il me reste de valeurs. Privées, publiques... Les secondes, aujourd'hui, me conduisent à sortir de cette léthargie, et pousser, comme on me dit, un coup de gueule. Un enfant est mort. On publie sa photo. Certains s'indignent du principe au nom de la démagogie, du populisme, de l'appel à l'émotion. D'autres disent que cela permet de ne pas parler de tous les autres massacres dont on ne... [Lire la suite]
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vendredi 4 septembre 2015

JOSE EMILIO PACHECO

Sous le plus petit empire que l'été a rongé s'écroulent les jours, la foi, les prévisions. Dans la dernière vallée la destruction s'assouvit dans des villes vaincues que la cendre affronte. La pluie éteint la forêt illuminée par l'éclair. La nuit laisse son venin. Les mots se brisent contre l'air. Rien ne se restitue, Rien n'accorde La verdeur aux champs calcinés. Ni l'eau dans son exil Ne retournera à la fontaine Ni les os de l'aigle Ne retourneront à ses ailes.   .     JOSE EMILIO PACHECO   ... [Lire la suite]
samedi 29 août 2015

L'ORIENT APRES L'AMOUR...Extrait

« Le vent se lève, il n'y a plus de Beyrouth, cette ville renaît non pas de ses propres cendres, mais de celle de ses incendiaires. Flinguée à bout portant avec l'argent des pétrodollars, elle ressuscite, comme elle peut, grâce à une fortune d'Arabie. Les immeubles de Beyrouth se dressent comme autant d'anthologies de trous d'obus, de roquettes, de balles et de mémoire. Ici, on tue pour embellir l'oubli. Ici, les ruines de la guerre semblent avoir été dessinées par de grands couturiers. Ici, même la mort passe au maquillage avant... [Lire la suite]