samedi 14 octobre 2017

BRANCHES BASSES

 Instant qui veut durer mais sans savoir Tirer éternité des branches basses Qui protègent la table où clairs et ombres Jouent, sur ma page blanche de ce matin.   Autour de ces deux arbres d’abord l’herbe, Puis la maison, puis le temps, puis demain Pour ouvrir à l’oubli, qui déjà dissipe Ces fruits d’hier tombés près de la table.   Là-bas est loin. Toutefois, c’est surtout Ici et maintenant qui sont inaccessibles, Plus simple est de rentrer dans l’avenir   Avec, pour tout à l’heure, quelque peu De ce... [Lire la suite]

vendredi 29 septembre 2017

L'ORANGERIE

L'idée me vient que je suis pur et je demeure Dans la haute maison dont je m'étais enfui. Oh pour que tout soit simple aux rives où je meure resserre entre mes doigts le seul livre et le prix. Lisse-moi, farde-moi. Colore mon absence. Désoeuvre ce regard qui méconnaît la nuit. Couche sur moi les plis d'un durable silence, Eteins avec la lampe une terre d'oubli. .   .   . YVES BONNEFOY .   .   .  
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mardi 15 août 2017

LES PLANCHES COURBES...Extrait

Passant, ce sont des mots. Mais plutôt que lire Je veux que tu écoutes : cette frêle Voix comme en ont les lettres que l'herbe mange. Prête l'oreille, entends d'abord l'heureuse abeille Butiner dans nos noms presque effacés. Elle erre de l'un à l'autre des deux feuillages, Portant le bruit des rayures réelles À celles qui ajourent l'or invisible. Puis sache un bruit plus faible encore, et que ce soit Le murmure sans fin de toutes nos ombres. Il monte, celui-ci, de sous les pierres Pour ne faire qu'une chaleur avec... [Lire la suite]
samedi 22 juillet 2017

NOS MAINS DANS L'EAU

Nous remuons cette eau. Nos mains s’y cherchent, S’y effleurent parfois, formes brisées. Plus bas, c’est un courant, c’est de l’invisible, D’autres arbres, d’autres lumières, d’autres rêves.   Et vois, même ce sont d’autres couleurs. La réfraction transfigure le rouge. Était-ce un jour d’été, non, c’est l’orage Qui va « changer le ciel », et jusqu’au soir.   Nous plongions nos mains dans le langage, Elles y prirent des mots dont nous ne sûmes Que faire, n’étant rien que nos désirs.   Nous... [Lire la suite]
vendredi 21 juillet 2017

L'HEURE PRESENTE...Extrait

Tu regardes vivre le soir. Le ciel, la terreNus, allongés sur leur couche commune.Et lui, rien que nuées,Il se penche sur elle, prend dans ses mainsSa face respectée.Dieu ? Non, mieux que cela. La voixQui se porte, essoufflée, au-devant d'une autreEt riante désire son désir,Anxieuse de donner plus que de prendre.Ne vas-tu pas penser, ce soir encore,Que puissent devenir un même souffleLa matière, l'esprit ? Que de leur étreinteApaisée, desserrée,De la couleur, de l'or retomberait,Quelque débris de verre, taché de boue,Mais à briller,... [Lire la suite]
dimanche 2 juillet 2017

YVES BONNEFOY...Extrait

Nous plongions nos mains dans le langage, Elles y prirent des mots dont nous ne sûmes Que faire, n’étant rien que nos désirs. Cette eau, notre espérance. D’autres sauront chercher à plus profond Un nouveau ciel, une nouvelle terre.   .     YVES BONNEFOY     . Oeuvre Xavier http://rlass.over-blog.fr/article-reflets-dans-l-eau-comme-des-pierres-de-lune-56464165.html
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samedi 11 février 2017

L'IMPROBABLE...Extrait

Quand nous avons à défier l’absence d’un être, le temps qui nous a dupé, le gouffre qui se creuse au cœur même de la présence, ou de l’entente, que sais-je, c’est à la parole que nous venons comme à un lieu préservé. Le mot est l’âme de ce qu’il nomme, nous semble-t-il, son âme toujours intacte. Et s’il dissipe dans son objet le temps, l’espace, ces catégories de notre dépossession, s’il l’allège de sa matière, c’est sans porter atteinte à son essence précieuse et pour le rendre à notre désir.   .   YVES BONNEFOY  ... [Lire la suite]
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jeudi 6 octobre 2016

LA LONGUE CHAINE DE L'ANCRE...Extrait

 Le souvenir est une voix brisée, On l’entend mal, même si on se penche. Et pourtant on écoute, et si longtemps Que parfois la vie passe. Et que la mort Déjà dit non à toute métaphore.   .   YVES BONNEFOY   .  
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mercredi 6 juillet 2016

ENSEMBLE ENCORE

Merci Thami    Mes proches, je vous lègue La certitude inquiète dont j'ai vécu, Cette eau sombre trouée de reflets d'un or. Car, oui, tout ne fut pas un rêve, n'est-ce-pas ? Mon amie, nous unîmes bien nos mains confiantes, Nous avons bien dormi de vrais sommeils, Et le soir, ç'avait bien été ces deux nuées Qui s'étreignaient, en paix, dans le ciel clair. Le ciel est beau, le soir, c'est à cause de nous. Mes amis, mais aimées, Je vous lègue les dons que vous me fîtes, Cette terre proche du ciel, unie à lui Par ces mains... [Lire la suite]
vendredi 1 juillet 2016

L'ORIGINE DE LA PAROLE...Extrait

Il aurait dit sans doute que la radio était allumée depuis longtemps mais il n'y prêtait guère attention dans les allées et venues, les appels, les conversations d'un étage à l'autre qui préparaient le départ. Mais soudain ! Quelle musique tout autre! Deux voix de femmes qui se répondent avec une majesté et une simplicité qu'il n'eût jamais supposées possibles. Un dialogue, mais qui serait tout autant un jeu d'échos, de reflets tant la seconde voix paraît retracer, du point où elle l'écoute, la forme de la première, bien que non sans... [Lire la suite]
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