vendredi 14 avril 2017

SERGE WELLENS...Extrait

Du fond d'un trou de mémoireje regarde passer le cieloù rien ne se passe vraimentqu'un léger très léger frémissementpareil au rêve inhabitéd'une eau dormanteJe cherche désespérémentle visage d'un mot nécessairequi se défaisant me défaitIl me reste la lenteurobstinée de son refus d'êtrePour un peu de temps encorele sillage d'une trace.   .   SERGE WELLENS   .    
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vendredi 14 avril 2017

LES MOTS SONT DES CHIENS D'AVEUGLE...Extrait

Voici l'arbreroyal et solitaireen son ultime déploiementde fin du jour Le vent qui le traversey fait trembler les yeuxd'une lumière de larmes L'été s'y jette à corps perdul'été rayonne comme un paonEt l'arbre dit que tant de cielsans pesanteurne saurait être quel'analogie de Dieu Je caresse son écorceSous mes doigts une fourmilièrecharrie sa crasse de cadavres A mes pieds une pie ouvertelaisse voir son cœurnoir et racorni Et l'arbre dit que nous sommes les frèresdu rat de la mouche de l'hyène du scorpion Vienne la nuit qui n'est... [Lire la suite]
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vendredi 14 avril 2017

COLETTE GIBELIN...Extrait

Nous cherchons ce lieu de vertige où les rumeurs de la vie s’irisent de lumière, ce lieu de nulle part, oiseau fulgurant et avide, étrange et mauve, aux ailes déployées vers l’absence et le rêve. Chasseurs entêtés de l’ailleurs, nous flottons, îles de solitude au-dessus des grands fonds où grouillent tant de présences que le regard évite. Ici, le monde est plein. Le monde craque, éclate, pourrit. Le monde étincelle et jaillit. Ici. Le silence nous lance le cri des fontaines. Ici. Nous ne l’entendons pas,insensés que nous sommes,... [Lire la suite]
vendredi 14 avril 2017

LES ARMES DE LA GUERISON....Extrait

Insanes histoires de la vie,Toutes voix tuesReste le bruit éternel du sang.Debout sur les désastres des guerresBrillent les vains débris du monde,Le ciel rempli de fantômes d’aurore.Cachée dans les brouillards des villes,La peur fait bouger les engins du rêveUn doigt déchiffre la langue morseDes fièvres profondes,La litanie des oracles perdusTout va se refaire sous nos pasAu seul cri du matinEt les ruines s’illuminer d’aube.Aube, première aube toujours déchirante,Qui construit la journée avec le néant.   . ALBERT AYGUESPARSE ... [Lire la suite]
vendredi 14 avril 2017

QUATRIÈME ANNONCE/CUARTO ANUNCIO

Tout ce qui parvient à toucher le cielSe transforme en cette simultanéité qui courbe les âmesLes autres ne font que porter la pourriture des vagues,L’angoisse des objets.Oui, ceux-là mêmes que nous commençons à connaîtreQuand l'ombre se multiplie en ardeursQuand vivre c’est comme démêler les eauxOu voir comment la ride enceinteBouge dans le pré chaque année.Le couteau n’entre pas, mais ôte toute l’eau qu’il y a dans les joursJusqu’à ce que dans ce fond ne reste que la vieillesseRien que cette conciliation qu’acquiert la langueEn se... [Lire la suite]

mercredi 12 avril 2017

L'EBLOUI

Je ne sais d’ici que le lent ravitaillement des heures Et le chant incessant écharpant le silence Je ne sais d’ici que l’ongle des sentiers qui écosse la plaine Et la mer au lointain qui lisse ses bas bleus La paresse des îles Le rouet de tes yeux L’indolence des palmes L’insolence des cieux Tu es cet ébloui revenu du silence Tu es ce murmuré dans le soir silicieux Tu as repris l’espace comme on reprend la chance Avec au cœur l’espoir d’un ultime voyage Tu es cet ébloui qui se joue des naufrages Tu me l’avais promis ... [Lire la suite]
mercredi 12 avril 2017

EXTRAITS DU LARGE...Extrait

Tu me parlais d'île, d'une lumière sans pareille, des multiples couleurs d'oiseaux inconnus et du bonheur qui se donne dans son lit de sable et d'écume tandis que d'autres se meurent… Et tout cela venait mordre ton cœur en le plongeant du même coup dans l'insondable vérité de tout ce qui demeure par-delà violence et douceur, au-delà de nos jeux et de nos pleurs.   .    BERNARD PERROY   .  
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mercredi 12 avril 2017

LETTRE DE FERNANDO PESSOA A MARIO DE SA-CARNEIRO

14 mars 1916 Je vous écris aujourd’hui, poussé par un besoin sentimental — un désir aigu et douloureux de vous parler. Comme on peut le déduire facilement, je n’ai rien à vous dire. Seulement ceci — que je me trouve aujourd’hui au fond d’une dépression sans fond. L’absurdité de l’expression parlera pour moi. Je suis dans un de ces jours où je n’ai jamais eu d’avenir. Il n’y a qu’un présent immobile, encerclé d’un mur d’angoisse. La rive d’en face du fleuve n’est jamais, puisqu’elle se trouve en face, la rive de ce côté-ci ; c’est là... [Lire la suite]
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mercredi 12 avril 2017

RENCONTRE

L'été longe ses haies vives,pique un verger au revers de sa veste.Dans ses cheveux, un pré s'est endormi.Le moineau, tout surpris, y cherche ses petits.Sous l'enclume du ciel jaillissent des rousseurs,arrosant, de leur jus, le dos des chemins.Barbouillés de résine, pris en flagrant délitde chahut fastueux,les pins rattrapent les oiseauxqu'ils avaient lancés trop loin.Le clapotis de leurs aiguillesinvoque la merqui, là-bas,rutile et patauge,enfant doré dans les flaques vermeilles.Toi, je ne te connais pas encore.Mais, déjà, à l'angle... [Lire la suite]