dimanche 16 octobre 2016

LA MISE AU MONDE....Extrait

Elle a un fruit d’Andalousie de grains sombres de sang chaque caillot de martyr est dans sa pulpe entre nos dents chaque vengeance dans le plomb mûr pour l’éclatement Ô chant profond ! Et nous ne savions pas en cet été s’il y a trente étés quand la première fois ton cri nous révélait : se pouvait-il qu’un jour fut déchirée cette étoffe de source de soie et de joie qui découvrait le monde avec le jeune corps ? Trente années trente années et nous ne savions pas qu’il déchirait déjà Lorca et Guernica Grimau pêle-mêle os pierres de nos... [Lire la suite]
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samedi 15 octobre 2016

BORNES ETROITE A NOS IMAGES...Extrait

Chasuble du matin l'azur – et la sève du ciel s'étoile en fusées d'hirondelles Une jaune rumeur d'abeilles et d'amour auréole les noces des poiriers Grise en son nid de cloches quelle heure à voix cassée décline son identité ...   Automne des visages où ce qui fut regard n'est plus qu'une eau troublée Aux deux bouts de la nuit bien au-delà des rosées d'hortensias et des épis de dauphinelles les crépuscules se répondent dans le reflet fumeux des vitres Nous allons sous l'ombrage du Temps vers des puits sans paroles   ... [Lire la suite]
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samedi 15 octobre 2016

JE ME SUIS HABITUE

Je me suis habitué à cette terreur lente, À la défaite acceptée, au profit de la mort. Dans ma voix se dessinent des îles, Mais les amis ne savent pas que je converse avec les morts. Heureux d'une journée, d'une rencontre au bord des routes Avec le cantonnier, ou, appuyé sur un bâton, Avec quelqu'un qui est déjà plus qu'un berger... La chair a une odeur de soufre. Mon poids s'est augmenté de ma fatigue et de sagesse. Il y a des portes dans les aires naufragés Et nous marchons, serrant au poignet Cette paresse, cette présence, une... [Lire la suite]
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vendredi 14 octobre 2016

TERRITOIRES SANS NOM

Dans la maison déshabillée de la routine des armoires j’ai rayé la chambre aux poupées d’un trait d’oubli sur le miroir. D’un mot j’ai tranché la guirlande des jours unis par le passé en m’esquivant du champ de mon adolescence et des caprices de l’été. Entre ces murs d’où je me chasse flotte un sourire de ma mère comme un fil de la vierge accroché à la treille comme un pollen tombé de l’aile d’une abeille. Flotte la fumée dérisoire d’un espoir mort à petit feu et la chance prise aux cheveux de me soustraire au jeu de ma mémoire. ... [Lire la suite]
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jeudi 13 octobre 2016

OU SONT LES OLIVIERS ?

Où sont les oliviersEt les oranges amèresCes fruits à peine écritsDans nos ivresses bleuesOù sont nos rêves rouxEt ces voix éphémèresQu’un blanc soleil salinExilait en tes yeuxOù sont ces heures vivesDérobées au silenceOù sont nos cœurs émusD’avoir tenu le jourOù sont nos villes follesNos déserts en partanceL’été et son scalpelLa merLe ventL’amourOù sont les oliviersEt les oranges amèresOù sont les oliviersLes oliviers frondeursOù sont les oliviersLes oliviers, mon frèreIls sont làSecourablesAu cadran de nos cœurs   . ... [Lire la suite]
jeudi 13 octobre 2016

LE PETIT CHAT...

A Muchju et Ludwig, deux petits gris....    Tu es mort aujourd’hui, mon compagnon le chat,    Bleu de fumée, mon petit frère entre les lampes.    Tu as mis à mourir une extrême patience.    Tu t’es enfui à pas de loup, à pas de chat.    Mon petit feu du soir, Roi couronné d’oreilles,    Tu as perdu ainsi tous les prochains soleils    Et tes plaisirs d’oiseaux et les moelleux hivers,    La saison qui remue un matin... [Lire la suite]
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mercredi 12 octobre 2016

ANDREE SODENKAMP...Extrait

Lorsque la mort pourra mourir, les galaxies ramèneront leur bétail de lumière, les longues heures voyageuses n’auront plus de passé dans le ventre et laisseront tomber longtemps leurs souvenirs éteints. Plus de vivants pour les tombes, de livres pour dorer les rois. Les légendes resteront vraies. On ne pourra plus rien contre elles. L’atome défera ses épousailles. Les comètes traîneront leur queue morte en se mangeant le cœur.   .   ANDREE SODENKAMP   .   Oeuvre Mahmoud Al Kurd ... [Lire la suite]
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mercredi 12 octobre 2016

LE RIEN

J’ai traversé le Rien Aux jours de mon enfance Déchiffrant la mort En nos corps d’argile Et de brièveté J’ai récusé l’orgueil Disloqué les triomphes Dévoilé notre escale Et sa précarité Cependant j’y ai cru A nos petites existences A ses saveurs d’orage Aux foudres du bonheur A ses éveils ses percées Ses troubles ou ses silences A ses fougues du présent A ses forces d’espérance Au contenu des heures J’y ai cru tellement cru Aux couleurs éphémères Aux bienfaits de l’aube Aux largesses des nuits Oubliant que plus loin Vers les... [Lire la suite]
mercredi 12 octobre 2016

NE T'EXCUSE PAS...Extrait

Pour notre patrie, proche de la parole divine, un toit de nuages. Pour notre patrie, distante des attributs du nom, une carte de l'absence. Pour notre patrie, petite comme un grain de sésame, un horizon céleste...et un abîme caché. Pour notre patrie, pauvre comme les ailes de la grouse, des Livres saints...et une blessure à l'identité. Pour notre patrie, aux collines assiégées déchiquetées, les embuscades du passé nouveau. Pour notre patrie, butin de guerre, le droit de mourir consumée d'amour. Pierre précieuse dans... [Lire la suite]
mercredi 12 octobre 2016

ELLE LANCAIT SA VIEILLE VAISSELLE

Elle lançait sa vieille vaisselle à la lune qui répare les assiettes ébréchées ravaude le linge des noces et classe par ordre de tristesse les photos jaunies par le regard de la lampe Tout l’univers se partageait les taches ménagères de ma mère les vents adverses soufflaient dans les tiroirs négociaient dans ses volets et balayaient vers la ville les miettes de rêves qu’elle grignotait dans son sommeil Mère si négligente sur ta corde de linge séchaient les nuages au blanc douteux qui suscitaient le sarcasme des rossignols et... [Lire la suite]
Posté par emmila à 17:43 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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