jeudi 5 novembre 2015

DU TEMPS

Dans l'eau du temps qui coule à petit bruit,Dans l'air du temps qui souffle à petit vent,Dans l'eau du temps qui parle à petits motsEt sourdement touche l'herbe et le sable ;Dans l'eau du temps qui traverse les marbres,Usant au front les rêves des statues,Dans l'eau du temps qui muse au lourd jardin,Le vent du temps qui fuse au lourd feuillageDans l'air du temps qui ruse aux quatre vents,Et qui jamais ne pose son envol,Dans l'air du temps qui pousse un hurlementPuis va baiser les flores de la vague,Dans l'eau du temps qui retourne à... [Lire la suite]
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vendredi 30 octobre 2015

AUX PORTES INTERDITES...Extrait

 Dans le silence qui le fuitUne ombre se défaitEt suit la dispersion des ailesEntendras-tu ces crisLe frémissement de la pierreUsée par la poussièreA ces retours mal préparésAucun accueil n’est réservéSelon le désir des errantsQui retrouvent pour la seconde foisUn silence perpétuel que rien ne brise    .   PAUL PUGNAUD   .   Photographie Thami Benkirane
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vendredi 30 octobre 2015

COLETTE GIBELIN ...Extrait

... « Envolés, les oiseaux, portés par la respiration du monde dans l’étonnement de l’azur Un grand déferlement de voix pures, là-haut, Là-haut Éclats du temps, rêve mystique La délivrance est musique et splendeur On dépasse le chaos On s’ouvre à d’autres innocences et nos élans intérieurs enfin déploient leurs ailes   Envolés, nos désirs, vers quel inaccessible jardin où les arbres n’ont pas d’attache où les plantes chantent la liberté Jardin aux franges d’infini ouvert à tous les pollens, aux saveurs... [Lire la suite]
dimanche 25 octobre 2015

LES LOUPS ONT DES TÊTES DE MOUTON

Depuis qu’Lumumba fut tué Pour avoir dit sa vérité Depuis qu’Lahaut est là en haut Parce qu’il avait parlé tout haut Depuis qu’on étouffa une fille Dans un avion pour pas qu’elle crie Les loups ont des têtes de mouton Derrière les roses y a des chardons C’est celui qu’est tout en haut Qui tient le manche de la faux Si ce que tu dis cause souci, Tu seras vite raccourci Celui qui r’garde jouer aux cartes S’il pète un mot d’trop on l’écarte Les ptits r’gardants n’ont rien à dire Su l’ jeu des grands ça c’est bien pire ... [Lire la suite]
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vendredi 23 octobre 2015

LE REPAS DES GRAND-MERES

Dans l'épaisse chaleur Des petites cuisines Qu'un pauvre lustre à fleur Chaque jour illumine D'un éclat tamisé Echaudant les paupières Pour parfois nous griser D'une étrange manière;   Entre un panier de fruits Issu des poteries, Les champêtres récits De la tapisserie Nous parlant de gibiers De chasseurs et de crosses La fenêtre et l'évier Où on lavait les gosses;   Aux tomettes en sang Sous les plis de l'éponge Et sur les bords cassants D'une table à rallonge, A deux pas du frigo Et de la gazinière ... [Lire la suite]
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lundi 19 octobre 2015

POEME A MA GRAND-MERE TASSADIT

Visage endormi sur un siècle de fractures gravé dans ma mémoire en éveil me voilà dans les affres mon cœur a atteint son paroxysme une voix gorgée d'amour s'est tue quand ma main a caressé l'ancêtre au féminin le courage s'est évanoui et ma sève refroidie l'aède enveloppait ma présence au sol s'est agenouillée ma sagesse mon unique conteuse est morte et sa raison gesticule encore la terre assoiffée prie la source éteinte que m'apporte la sécheresse des yeux fermés à jamais s'est étouffé le souffle de ma centenaire je porte la clé... [Lire la suite]
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lundi 19 octobre 2015

BERNARD PERROY...Extrait

Et si nous allions par-delà les apparences rejoindre la voix qui se tait tout au fond de chacun, là où s'étreignent au fil des ans tous nos espoirs d'enfant et nos désirs les plus fous venus défier la mort et mûrir d'eau vive quand l'horloge du cœur se métamorphose en joie dans l'écoulement du temps qui nous captive comme le bruit fragile du goutte à goutte d'une fontaine parmi les bruits dispersés de la ville…   .   BERNARD PERROY   .      
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dimanche 11 octobre 2015

MAX-POL FOUCHET

Nous étions la marelle et la pierre et l’enfant Le rire et les courses le livre et la courbe et la craie La tuile le gué la rivière les sautes du vent Aux transparentes carènes ce maigre brûlis d’herbes Qu’un peuplier sur l’espace un doigt sur les lèvres A jamais taise le secret dans le rouissage du jour Perdons-le dans la neige le sable la verdeur vivons Comme si nous ne savions rien des fumures du labour Sur le tour des saisons monte la poterie des collines Des taillis de la nuit les chiens ont levé le jour Au tableau de l’école... [Lire la suite]
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samedi 10 octobre 2015

PERMIS DE SEJOUR 1977-1982...Extrait

Mais je découvre ce que je savais déjà : c'est mourir avant l'heure que de faire des économies de vie. Le bonheur (du moins le mien), ce n'est pas de gagner du temps : c'est de savoir le perdre. Pouvoir écouter patiemment la longue confidence d'un inconnu bavard. Se mettre en retard de son propre travail pour donner un coup de main ou d'esprit à quelqu'un qui en a besoin. Donner impulsivement l'objet qu'on aimait bien à quelqu'un à qui ça fait plus plaisir de l'avoir qu'à vous. Et (aussi) prendre son temps, muser dans l'air... [Lire la suite]
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mercredi 30 septembre 2015

DÉBRIS MORTELS ET MOZART

Au petit jour, une seule fois, le vieux nuage rose dépeuplé survolera les yeux désormais distants, dans la majesté de sa lenteur libre; puis ce sera le froid, l'immense occupant, puis le Temps qui n'a pas d'endroit. Sur la longueur de ses deux lèvres, en terre commune, soudain l'allégro, défi de ce rebut sacré, perce et reflue vers les vivants, vers la totalité des hommes et des femmes en deuil de patrie intérieure qui, errant pour n'être pas semblables, vont à travers Mozart s'éprouver en secret. -Bien-aimée, lorsque tu rêves à... [Lire la suite]
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