dimanche 12 mars 2017

HÔTEL DES VOYAGEURS

Hôtel des voyageurs La fenêtre ouvre sur le ciel Bleu soleil, renversant On y lit le vertige, et la fascination des blancs bateaux glissant dans la lumière Dedans est l’espace du cœur, l’intime centre de la vie, peut-être le bonheur Nous habitons cette chambre furtive, lieu d’étreintes sans lendemains Dehors est l’inconnu L’amour est dérisoire, face à la mer, souveraine et brutale avec tous ses pillards Elle entre en toi, te déchiquette La mer, pourvoyeuse de désespoir La chambre rétrécit L’espace du recueillement s’étiole Jusqu’au... [Lire la suite]

jeudi 9 mars 2017

LA BELLE SAISON

Je regarde d’ici les guerres fatiguées Les mots qui sont des mouches sur les vitres Prisonnières Le poids mort de la pesanteur sur la nuque et ce temps que l’on tue De peur De croiser son regard d’y voir le décompte A rebours et le va et vient qui finira Les mêmes boucles la même fin qui ramène le naufragé Toujours à la même vague quand le sol se dérobe Je pense à Diogène avec sa lampe qui cherchait un homme Quand j’écarte de mon chemin les humains en cherchant la lumière Pourquoi Est-il impossible d’être debout Sans retomber... [Lire la suite]
dimanche 19 février 2017

LA POSSIBILITE D'UNE ÎLE...Extrait

... Et la mort qui avance A petits cris plaintifs, Dansant sa drôle de danse Sur mon centre émotif Qui grimpe dans le lit, Soulève les couvertures ; Mon amour aboli, Pourquoi tout est si dur ?   Au bout de quelques mois (Ou de quelques semaines) Tu t’es lassée de moi, Toi que j’avais fait reine. Je connaissais le risque, En mortel éprouvé ; Le soleil, comme un disque, Luit sur ma vie crevée.   Il n’y a pas d’amour (Pas vraiment, pas assez) Nous vivons sans secours, Nous mourons délaissés. ... [Lire la suite]
vendredi 10 février 2017

L'EFFARANT INTERIEUR DES OMBRES...Extrait

Regardez-les ceux qui échangent leur peur contre de la haineIls sont plus ordinaires que les orties ou les chardons ils sontPartout du nord au sud ils ont des papillons sous les cheveuxMais vos mains griffées leur ressemblent vos pourtant vos çàEt là tous les mots sont des aubes ou des obus tous les gestesEt s'ils ont les yeux barbelés il faut la patience du cordonnierPour remonter leurs pentes écoutez-les ils ont perdu les tracesLeurs miroirs sont brisés ils ne reconnaissent plus leurs nomsEt s'ils dorment devant vos portes c'est... [Lire la suite]
mardi 31 janvier 2017

LA ROUTE QUE NOUS SUIVONS

À la criée du salut nous voici armés de désespoir au nord du monde nous pensions être à l'abri loin des carnages de peuples de ces malheurs de partout qui font la chronique de ces choses ailleurs qui n'arrivent qu'aux autres incrédules là même de notre perte et tenant pour une grâce notre condition soudain contre l'air égratigné de mouches à feu je fus debout dans le noir du Bouclier droit à l'écoute comme fil à plomb à la ronde nous ne serons jamais plus des hommes si nos yeux se vident de leur mémoire beau désaccord ma vie qui... [Lire la suite]
mercredi 28 décembre 2016

BALLADE DE LA VIE EXTERIEURE & AUTRES POEMES

« Fussions-nous seulement débarrassés de l’histoire ! »Nietzsche   Passion du néantClarté mortelle brûlant la vie,Un génie flamboyantLuit en nous.Il nous défendContre la tiédeurQue l’ivraie foisonnanteInsinue dans nos cœurs emprisonnés :L’habitudeEt le futile plaisir de vivreEt les mensonges consolateursEt la douce hypocrisie vis-à-vis de soi-mêmeEt la confiante rêverieDu lendemain…Nous portons en nousLa grâce lumineuseL’intuition rayonnante de l’artMais les dieux l’ont malicieusementMariée à Héphaïstos, au sordide labeur... [Lire la suite]

samedi 24 décembre 2016

SOIR D'HIVER

C'est un soir d'hiver qui compte ses tremblures. Les uns fredonnent Noël d'autres serrent les dents. Pendant qu'aguicheuses les vitrines outrancières clignotent, le ciel tombe par terre entre la main du pauvre et la gamelle du chien. Les doigts gèlent au cœur des SDF. Les caisses enregistreuses cliquètent des menus d'orpailleurs. Des cadeaux indécents rutilent au pied de l'arbre. Le champagne déborde, et se dore la dinde. C'est un soir d'hiver qui compte ses gerçures. Des gens rongent leurs désespoirs. Des corps explosent sous le... [Lire la suite]
mercredi 9 novembre 2016

MORNE REVEIL

"Morne réveil optimisme noir et petite déroute sur le quai des trains Nous nous sommes trumpés de décades en décades plongés à toute vitesse dans un monde qui se distille en masse taxidermie du genre humain vidé de ses organes vidé de ce qu'on disait que c'était âme. Un maintenant chacun saisit son trou au milieu de son ventre et crie dans un néant rouge et ça résonne et ça tonne je baisse la tête je frissonne Il pleut la carte des USA rouge-bleue nous devenons des monstres."    .   ZELDA BOURQUIN   .... [Lire la suite]
mardi 25 octobre 2016

LE ROMANCERO DE BUENOS AIRES...Extrait

Sur les trottoirs de Buenos Airesj'ai usé mes souliersà travers des galaxiesoù brillent les lames de couteauxentre des ombres mystérieusesj'ai fréquenté des boliches¹que l'esprit du tango fait tanguerdans des lueurs d'alcools assassinesSur les trottoir de Buenos Airesdes christs drogués agonisentcrucifiés de peur et de misèreils n'ont presque plus de dentset quémandent la cigarette du condamnéau passant insomniaquequi retarde jusqu'à l'aurorel'heure de rentrer chez luiSur les trottoirs de Buenos Airesdes spectres muets trafiquent... [Lire la suite]
mercredi 31 août 2016

L'EXIL ET LE DESARROI - Hommage

J'ai vu et, j'ai lentement traversé le dérisoire lieu du retour. traversé la cour où nulle herbe ne pousse où nulle parole ne parvient où nulle offrande n'existe. Ainsi j'ai poussé la porte du lieu, et ma gorge s'est gonflée de colère, haine, désespoir. J'ai poussé la porte du lieu, et, j'ai vu L'agneau mort. Celui dont j'aurais pu être le gardien coutumier pour notre bonheur. Innocence. J'ai poussé la porte du lieu et, quelque chose s'est brisé en moi. Comme une larme. Ou, un plaisir. Désanimé. J'ai poussé la porte du lieu, et,... [Lire la suite]