vendredi 24 mars 2017

AGNES SCHNELL...Extrait

Un ramassis de feuilles et brindilleset l’argile brûlée,tant d’insignifiancede l’infime essentiel.En germe un goût de sang.Des mots trop humainsdes mots clandestins.Étreinte ocre des rivescaillouteusesbalbutiements sans patienceviscères nues soudain.Les mortes-eaux grignotentnos repèresqui de la rive ou de l’eautrop enserre ?   . AGNES SCHNELL .   Oeuvre Deedra Ludwig    
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vendredi 24 mars 2017

CHRISTIANE SINGER...Extrait

Persévérer à chercher davantage la saveur que le savoir,le balbutiement que la rhétorique satisfaite.Persévérer en ces temps de fer à faire crédit à ce qui est fragile,à ce qui vacille, à ce qui fait faillite.Persévérer à avoir foi en chaque homme, ...à préférer être déçu dix foisplutôt qu’hostile une seule fois.Persévérer à n’investir que dans le sable qui coule entre les doigtset dans les espérances non cotées en bourse.Persévérer à croire que l’instinct primordial en chaque hommeest la vénération et que c’est la répression de ce... [Lire la suite]
vendredi 24 mars 2017

LE CARREAU

Pures pluies, femmes attendues,La face que vous essuyez,De verre voué aux tourments,Est la face du révolté ;L’autre, la vitre de l’heureux,Frissonne devant le feu de bois. Je vous aime mystères jumeaux,Je touche à chacun de vous,J’ai mal et je suis léger . . . RENE CHAR . . .
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vendredi 24 mars 2017

COMPLAINTE AMOUREUSE

Oui dès l'instant que je vous vis Beauté féroce, vous me plûtes De l'amour qu'en vos yeux je pris Sur-le-champ vous vous aperçûtes Ah ! Fallait-il que je vous visse Fallait-il que vous me plussiez Qu'ingénument je vous le disse Qu'avec orgueil vous vous tussiez Fallait-il que je vous aimasse Que vous me désespérassiez Et qu'enfin je m'opiniâtrasse Et que je vous idolâtrasse Pour que vous m'assassinassiez   .   ALPHONSE ALLAIS   .     Oeuvre Vladislav Erko  
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jeudi 23 mars 2017

LEON PAUL FARGUE...Extrait

Souvenirs d’un passé qui dort dans une ombre si transparente... Des intimités insaisissables qu’on se croit bien seul à connaître et dont on voudrait enchanter les autres... Certains regards. La voix d’un être cher. La gaucherie d’une âme ardente.. Une inflexion familière très douce et bien humaine...Des yeux qu’on revoit parmi vingt ans de souvenirs, dans une rue grise, un jour de promenade. Du soleil sur un peu de paille, devant la porte d’un malade... Un regret sobre. Une parole d’un chagrin vague... Un nom touchant qu’on n’arrive... [Lire la suite]
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jeudi 23 mars 2017

ROUGE

Rouge est humain. Par le sang, par le désir qui l’anime sans cesse, l’homme est dans le rouge de sa naissance jusqu’à sa mort. Les yeux fermés, tournés vers le soleil, la lumière explose non pas en blanc  mais filtrée par la peau où circule le sang. Les yeux clos, la lumière nous illumine en vermillon et cela conditionne notre existence.   L’homme rouge, tragique. C’est le crime, le sang versé. Crime crapuleux, crime d’état, la violence frappe et le corps se fissure, laisse échapper son souffle, des fluides disgracieux... [Lire la suite]

jeudi 23 mars 2017

CONFESSION D'UN FOU A SON PSY...Extrait

En hommage à Vincent Van Gogh . Pour une fois, je vais prendre la parole sans considérer cette faculté naturelle comme une automutilation que je m’inflige pour rajouter du mordant à l’intensité des émotions générées par mon combat psychique quasiment quotidien. Laissez-moi parler, docteur, il y a un conflit ondulatoire qui s’éternise dans mon être sans cesse envahi par des ondes antagonistes qui cherchent à s’y évincer réciproquement. Je regorge d’impertinences et deviens hutin et pugnace devant celui qui se permettrait l’audace de... [Lire la suite]
mercredi 22 mars 2017

CHRISTIANE SINGER...Extrait

Quand je demande à ceux que je rencontre de me parler d'eux- mêmes, je suis souvent attristée par la pauvreté de ma moisson. On me répond: je suis médecin, je suis comptable...j'ajoute doucement: vous me comprenez mal. Je ne veux pas savoir quel rôle vous est confié cette saison au théâtre mais qui vous êtes, ce qui vous habite, vous réjouit, vous saisit ? Beaucoup persistent à ne pas me comprendre, habitués qu'ils sont à ne pas attribuer d'importance à la vie qui bouge doucement en eux. On me dit: je suis médecin ou comptable... [Lire la suite]
mercredi 22 mars 2017

LE DANSEUR DE CORDE, PORTRAIT DU POETE EN FUNAMBULE ...Extrait

Il avance dans la langue avec la main, en faisant aller et grincer la plume sur le papier, puisque telle est l'écriture.Qu'y a-t-il dans la main qui trace des lignes, sinon, encore, des lignes : de vie, de coeur, de chance dit-on... Que fait le poète qui écrit, sinon déposer à même la blancheur l'empreinte de ces lignes-là, jusqu'à signer un texte de son identité? Elle est celle d'un destin (ligne de vie), et d'une parole destinée (ligne de coeur d'une voix « tendue vers un autre »).« Je ne fais pas de différence entre un poème et une... [Lire la suite]