dimanche 2 juillet 2017

NIZAR QABBANI

" Je bruis de tes mots, de ton souvenir, comme se gargarise de ses eaux la fontaine de la maison andalouse. Je ne peux plus garder ton prénom pour moi. Que peut faire la rose de son parfum, que peuvent faire les champs de leurs épis, le paon de sa queue et la lampe ancienne de son huile? Les gens te voient en goutte de pluie sur mon épaule, en bouton doré à la manche de ma chemise, en livre sacré accroché à mon porte-clés, en blessure oubliée sur les rives de mes lèvres: non je ne peux plus te cacher a personne. Trahi par la touffeur... [Lire la suite]

dimanche 2 juillet 2017

YVES BONNEFOY...Extrait

Nous plongions nos mains dans le langage, Elles y prirent des mots dont nous ne sûmes Que faire, n’étant rien que nos désirs. Cette eau, notre espérance. D’autres sauront chercher à plus profond Un nouveau ciel, une nouvelle terre.   .     YVES BONNEFOY     . Oeuvre Xavier http://rlass.over-blog.fr/article-reflets-dans-l-eau-comme-des-pierres-de-lune-56464165.html
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dimanche 2 juillet 2017

SEUIL D'ERRANCE...Extrait

Je construis une balance pour équilibrer la norme et la folie le pendule et le chant du coq la parole d’explication et la poésie le travail inutile et l’oisiveté vitale l’obligation et l’acte libre l’usure et l’aumône Je construis une balance pour peser la glace et sa combustion le privilège et la misère ambulante dans le labyrinthe global dans l’impasse de l’arnaque sur la place des propagandes au jardin des pendus au cimetière disparu dans l’éclair et le tonnerre Je construis une balance pour le bourreau des lucioles et le... [Lire la suite]
samedi 1 juillet 2017

GRACE AU TAMBOUR

Grace au tambour volant, vieux volant, que la nuit gobe et crache en milliers d’étoiles Grace au tambour aux mains d’arbre à pain Aux  mains de pieuvre au galop dans les cayes Grace au tambour qui roucoule comme une femme comblée Grace au tambour et ses fruits d’étincelles Grace au tambour que la nuit épingle sur la corde du conte Je te regarde femme Aux pas de merle luisant Aux pas de mer déchaînée Torturant ma mémoire d’homme stupéfait Cœur surpris du message   Ta flamme épousant le secret des tempêtes ... [Lire la suite]
vendredi 30 juin 2017

JEAN-TOMAS WARD...Extrait

Que ce soit les tiennes les dernières poussières d’étoile qui m'envolent. les blandices constellées sur tes paupières cristallisent l’énigme le décor palpébral. comme une mosaïque d'aurores où adorent s'attarder mes traversées . fragrance d' iridescence que mes vertiges thésaurisent comme des fragments d’empyrée. que ce soit les tiennes les dernières mains à poétiser mon visage. ton aura lustrale rosoyée sur mes joues y perler les gouttes d'entéléchie peut être avoir le courage d'effleurer l'horizon omineux encore une fois,... [Lire la suite]
mardi 27 juin 2017

LUIS CERNUDA...Extrait

J'étais étendu et j'avais dans mes bras un corps comme de la soie. Je lui baisai les lèvres, car le fleuve passait au-dessous. Alors il se moqua de mon amour. Ses épaules semblaient deux ailes repliées. Je lui baisai les épaules, car l'eau bruissait au-dessous de nous. Alors il pleura en sentant la brûlure de mes lèvres. C'était un corps si merveilleux qu'il s'évanouit entre mes bras. Je baisai sa trace: mes larmes l'effacèrent. Comme l'eau continuait à couler, j'y laissai tomber un poignard, une aile et une ombre.   .   ... [Lire la suite]
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mardi 27 juin 2017

LES JARDINS DE L'ARTHROSE ‒ Extrait 1 et 2

Van Gogh a peint ce soleil qui répand son soufre sur les jardins de l'arthrose Comment en verrions-nous la lumière aveuglante Mais nous savons que c'est ici à des fractures mal scellées à des divorces de jointures à de froides incandescences Il m'arrive l'image noire de buissons retournant contre eux-mêmes leurs épines greffes de la folie Les oiseaux ne se posent pas ils s'accrochent à quelque défaut de paroi à quelque frottement de branches contrefaites ils ne jouent de la flûte ni du violon mais du bec cela fait ... [Lire la suite]
mardi 27 juin 2017

INSUBORDINATION DES CHOSES

Ce n'est pas tant ta maladresse ce sont les choses qui se refusent et qui t'agressent le café qui se renverse le savon qui glisse entre tes doigts l'horloge qui te ment le stylo qui fait des taches la fenêtre qui n'accepte pas qu'on l'ouvre ou qu'on la ferme Et dans la brume de ton miroir fêlé le vieil homme au regard triste qui te demande son chemin. .     SERGE WELLENS     . Photographie Amédée Besset
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mardi 27 juin 2017

SERGE PEY - 2013 -

« Malgré le thème du rire du Printemps des poètes, pour la poésie il n'y a pas de rires ni de sourires. La poésie n'a pas d'acheteurs. Les librairies réduisent leurs surfaces de vente. À part certains libraires courageux et militants de la parole, les recueils s'empilent dans les réserves et chez certains éditeurs finissent au pilon. On n'en rit pas. Les grands éditeurs n'éditent que les valeurs accomplies. Il n'y a pas d'aventure populaire de l'édition de poésie. Le rire en poésie, malgré Prévert, renvoie à l'idéologie dominante et... [Lire la suite]
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mardi 27 juin 2017

VOLEES D'ACTES DE PAROLES EN EPANCHEMENTS

Le temps accumulant compulsivement les années, l’homme égare ses valeurs qu’en principe, il « discerne » ; le mirage de sa raison trop hantée par l’écho n’éprouve estime et patience que pour ce qui le leurre... Marée retirée : maintenant se trouve presque vide la maison qui grouillait de nos vies et de nos objets, à la commode près et sa lourde plaque de marbre s’excusant d’être là, dérive sans affectation... Je sais la terre : j’en garde tous les jours sous les ongles. La pensée d’être mis sous elle ne m’effraie en rien. De la... [Lire la suite]