samedi 6 mai 2017

ART POETIQUE

Sur les voies où tu tentes d’avancer en écriture tu voudrais effleurer les mots de la pointe des pieds, t’efforçant d’allégir ton être le plus possible, diminuer le poids de ta chair et de ton esprit. Retenir pour mieux donner n’est chose paradoxale que pour adeptes de raccourcis embobelineurs, de traits d’arc et de couleurs vives, éclats de paroles dont l’enjeu prioritaire est sans doute de briller comme les étoiles, qu’on sait cachées dans leur lumière. Alors, précaution première : écrire un minimum. Bizarrerie : exprimer avec... [Lire la suite]

dimanche 1 janvier 2017

BRUNO RUIZ

Emportez-moi encore quelques heures dans le murmure des clapots et l’élégance des carènes, ce qui se tend au soleil et se brise, une ombre dansée dans l’azur des peintures, des galops d’anges, toutes ces voiles qui se gonflent. Offrez-moi une bouche sans visage, sans pleurs tombés sur vos chemises, sans une hache plantée sur un pont, sans graisse sur les cordages, tous nos rêves d’en mer et de mouillures, des courants qui ne s’arrêtent jamais. Et puis jetons ensemble nos ancres dans l’onde d’une baie rieuse, ce qui se lasse et qui se... [Lire la suite]
mardi 8 novembre 2016

JOËL GRENIER

"Le murmure de ses lèvres comme une brume légère pour taire les plaies. Le doux de son regard comme un voile de ouate pour cacher les blessures. Ses mots étaient des soleils rares qu'elle plantait dans le ciel quand il était chagrin.Elle était magicienne, princesse du silence au milieu des tourments et d'un geste discret, apaisait les vagues quand elles se faisaient grosses.Elle avait sur sa peau un drap de velours qu'elle baissait un peu quand on lui faisait la cour.J'attends l'hiver qui lui ressemble pour me réchauffer."   . ... [Lire la suite]
Posté par emmila à 18:36 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,
mardi 20 septembre 2016

TOUSSAINT MEDINE SHANGÔ...Extrait

Je me vois sous l’or vert De hauts micocouliers enivrés d’un Murmure: Quel oiseau de désir aux paupières scellées Gémit vers les faîtes graciles Fléchis par une brise où l’âme du jasmin Se livre à l’âme qui se grise D’un léger et profond plaisir ? Nulle fièvre, nulle mesure, Nulle faille ici, nul miroir Où se reflète un œil duplice L’infini qui me tait son nom, de son odeur Illumine ma transparence.   .   TOUSSAINT MEDINE SHANGÔ   .      
mercredi 20 juillet 2016

ON SAIT L'AUTRE...

  "On meurt : on meurt, on est à terre. On écoute les poètes, on écoute leur voix, le temps qui passe par leur souffle, venus de tous pays, marchant vers nulle part, on entend le murmure du monde, la mémoire de l'oubli, un long chant lancinant, et qui s'élève : et nous rehausse. Ils sont tous là, assis par terre, le dos au mur, à faire un feu avec la vie. Ils sont là, tous, à faire des flammes avec leurs mains, mettre des braises avec leur bouche, et nous réchauffer le... [Lire la suite]
Posté par emmila à 23:51 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,
samedi 14 mai 2016

LE BONJOUR ET L'ADIEU...Extrait

Merci à Sylvie ...  Toujours les choses se dérobent et laissent le regard errer sur cette nappe de clarté  dont la douceur n’est que l’approche de la pierre pour de violentes noces imparfaites.  Et l’entaille demain à la mesure du corps entier,  de quel cri s’éveillera le chemin ? Sous les paupières d’amande glisse le fruit des larmes évaporées, dur sommeil, long soleil de la besace des pauvres. ...    La parole chargée de guérir a dressé cette ruine  de quelques chardons... [Lire la suite]

samedi 7 mai 2016

FRANCIS ROYO...Extrait

... nous n’attendions que l’aubequ’un blé entre nos bras devienneune paroletu disaistu seras la meret nous entendions des îlesl’invisible murmurel’oeil noir dans la nuitqui s’attardel’absinthe de nos jours .   FRANCIS ROYO   .    
Posté par emmila à 20:40 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
dimanche 20 décembre 2015

LE MURMURE DES CHÂTAIGNIERS

je dirai ce matin est encore plus curieux que la rosée du verbe j'éteindrai ma lumière mon fourneau ma voix je porterai ma plume mon crayon et mes feuilles j'irai à travers les chemins cueillir un semblant d’arôme des cépages l'odeur des braises fiévreuses la nuit venant le murmure des châtaigniers sédatifs j'écouterai le bruissement d'un rêve courant les champs je fredonnerai la chanson des labours d'hiver sur mon chemin un oiseau sifflera l'air du festin des vergers le soir venu j'irai saluer mon cheval au ruisseau des... [Lire la suite]
samedi 19 décembre 2015

POEME A CRIER...Extrait VII

Il est des soirs où ta vie te parvientde si loinqu’elle semble un écholas de se répéter.Le familier devient alorsétrange et si videque fuir te paraîtla seule façon de vivre.Tu partages ton coin de désertavec l’étranger de passage.Il a su entendreen même temps que toile bruit du ressacla mer lointaine.Tu partages avec celui qui te parle à peine.Sa langue a d’autres courbeset même des ailes que la tienne a oubliées.Il sait ton besoin de silenceil sait la vague qui brûle tes rêvesil a connu la même.Il sait les ponts soudain... [Lire la suite]
Posté par emmila à 16:53 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , , , , , , , ,
jeudi 29 octobre 2015

LE BONJOUR ET L'ADIEU...Extrait

... Ce sont des battements d’ailes très douxdans la banalité grise d’un ciel éteinton entend cette voixtapisserie disjointe de la terrelaisse rousse semée d’oiseauxon entend ce murmure déchirantsauvé…provisoire…on ne peut se fier qu’à ces ailes douceson ne peut que bâtir sur l’absenceen son nom d’angecar la piété ce beau nuage basnous conduit vers cette porte de nous-mêmesoù de grands chiens fauves s’endormentsur une herbe scintillantenommant clarté cette dépossession infinie   .   PIERRE-ALBERT JOURDAN   . ... [Lire la suite]
Posté par emmila à 23:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,